Les avoirs nets en devises de la Tunisie ont atteint près de 25,2 milliards de dinars au 24 juin 2026, couvrant 102 jours d’importation, selon les indicateurs publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT). Si ces chiffres confirment une amélioration de la position extérieure du pays par rapport à l’année précédente, ils cohabitent avec une dynamique interne marquée par une forte expansion de la circulation fiduciaire.
Une amélioration portée par les revenus extérieurs
Les réserves en devises sont en hausse par rapport aux 23,3 milliards de dinars enregistrés un an plus tôt, avec une couverture passant de 101 à 102 jours d’importation.
Cette évolution s’explique principalement par la progression des revenus du travail, en hausse de 4,8% à 4,2 milliards de dinars, ainsi que par l’augmentation des recettes touristiques, qui ont atteint 3,1 milliards de dinars (+4,5%).
Dans le même temps, le service de la dette extérieure s’est établi à 3,6 milliards de dinars, continuant d’exercer une pression sur les équilibres financiers.
Une circulation du cash qui continue de s’étendre
En parallèle, les billets et monnaies en circulation poursuivent leur hausse, dépassant 29,3 milliards de dinars depuis le début de l’année, contre 24,7 milliards sur la même période en 2025, soit une progression de 18,5%.
Cette évolution interroge la structure des échanges économiques et la place croissante du cash, dans un contexte où la bancarisation et la formalisation des transactions restent limitées.
La hausse des billets et monnaies en circulation n’est pas nécessairement un signe positif, car elle peut traduire une préférence accrue pour le cash au détriment des dépôts bancaires, ce qui affaiblit la capacité du système financier à canaliser l’épargne vers l’investissement.
Elle peut aussi refléter une économie plus informelle, où une part importante des transactions échappe aux circuits bancaires et fiscaux.
Un équilibre économique à deux vitesses
La progression simultanée des réserves en devises et de la masse fiduciaire met en évidence une économie à double trajectoire : une amélioration des indicateurs extérieurs d’un côté, et une pression persistante sur la liquidité interne de l’autre.
Derrière la stabilisation des réserves, se dessine ainsi un équilibre encore fragile, largement dépendant des flux extérieurs et marqué par une circulation monétaire de plus en plus intensive.
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