Alors que la Tunisie fait face à une hausse continue de la demande électrique, notamment durant les périodes de forte chaleur, le débat sur sa souveraineté énergétique revient au premier plan. L’expert en développement et ressources hydriques Hussein R’hili a estimé que le pays « paye aujourd’hui les conséquences » de choix stratégiques ayant conduit à une forte dépendance envers l’Algérie dans le domaine de l’électricité.
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, l’expert a indiqué que la Tunisie importe actuellement entre 500 et 800 mégawatts d’électricité depuis l’Algérie afin de couvrir une partie de ses besoins. Selon lui, cette situation résulte d’un manque d’investissements nationaux dans la production électrique durant les dernières années.
Approches différentes mais complémentaires
Cette dépendance énergétique intervient pourtant dans un contexte où les deux pays disposent d’approches différentes mais complémentaires. L’Algérie, grâce à ses importantes réserves de gaz naturel, demeure un acteur énergétique majeur dans la région et constitue depuis plusieurs années un partenaire stratégique pour la Tunisie, notamment à travers les échanges de gaz et d’électricité. Toutefois, cette coopération pose la question de l’équilibre entre solidarité régionale et autonomie énergétique.
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Pour Hussein R’hili, la Tunisie doit revoir son modèle actuel en accélérant le développement de ses propres capacités de production, notamment à travers les énergies renouvelables. Il a notamment critiqué le projet de liaison électrique avec l’Italie, estimant que le pays s’est engagé dans un investissement évalué à environ 1,4 milliard de dinars alors qu’il continue à importer de l’électricité pour répondre à ses besoins immédiats.
Le projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, connu sous le nom d’ELMED, est pourtant présenté par les autorités comme un outil permettant de renforcer la sécurité énergétique du pays, d’intégrer davantage la Tunisie au marché électrique européen et de faciliter l’exploitation des énergies renouvelables. Ses détracteurs considèrent toutefois qu’il ne doit pas se substituer au développement des capacités nationales de production.
Impact du changement climatique
Au-delà de la question des infrastructures, l’expert alerte également sur l’impact du changement climatique sur le système énergétique tunisien. Selon lui, les épisodes de chaleur extrême et les phénomènes climatiques comme El Niño accentuent la pression sur les réseaux électriques en augmentant la consommation liée notamment à la climatisation.
La question de la souveraineté énergétique devient ainsi un enjeu stratégique pour la Tunisie. Entre la nécessité de préserver un partenariat historique avec l’Algérie et l’urgence de renforcer ses propres capacités, le pays doit trouver un équilibre afin de réduire sa vulnérabilité face aux crises énergétiques futures.
L’accélération des projets solaires, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement d’une production locale apparaissent désormais comme des leviers essentiels pour limiter la dépendance extérieure et garantir une sécurité énergétique durable.