Le gouvernement tunisien a dévoilé les grandes orientations du projet de loi de finances pour 2027, qui entend concilier maîtrise des équilibres financiers, soutien à la croissance et renforcement des politiques sociales. Réuni mardi au Palais de la Kasbah sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sara Zaâfrani Zenzri, un conseil ministériel restreint a examiné les principaux axes de ce futur budget.
Selon un communiqué de la Présidence du gouvernement, le projet de budget s’inscrit dans le cadre du Plan de développement 2026-2030, fondé sur une approche participative et territoriale, conformément aux orientations du président de la République Kaïs Saïed.
Un budget axé sur la souveraineté économique
La cheffe du gouvernement a indiqué que le projet de loi de finances 2027 vise à préserver les grands équilibres macroéconomiques tout en mobilisant les ressources nécessaires pour financer les priorités économiques et sociales. Il prévoit également de stimuler l’investissement public et privé, de favoriser la création d’emplois et de soutenir le rôle social de l’État.
L’exécutif entend également renforcer les moteurs de création de richesse en valorisant les ressources nationales et en développant les secteurs à forte valeur ajoutée. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de « confiance dans les capacités nationales » et de rupture avec les anciens modes de gestion des ressources publiques.
Se préparer aux crises internationales
Le gouvernement veut faire du budget 2027 un outil plus résilient face aux crises mondiales. Le projet prévoit ainsi de poursuivre les efforts engagés dans les précédentes lois de finances en matière de sécurité alimentaire, énergétique, hydrique et pharmaceutique.
Parmi les priorités figurent :
- le soutien à la production agricole ;
- l’amélioration des capacités de stockage et d’approvisionnement ;
- une meilleure gestion des ressources en eau ;
- l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables ;
- l’amélioration de l’efficacité énergétique.
Ces mesures visent à réduire la vulnérabilité de l’économie tunisienne face aux chocs extérieurs.
Les tensions géopolitiques prises en compte
La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’intégrer dans les prévisions budgétaires les conséquences des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, ainsi que leurs répercussions sur les marchés de l’énergie, les matières premières, les chaînes d’approvisionnement et le commerce international.
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Elle a également évoqué les défis liés au changement climatique, estimant que le contexte d’incertitude mondiale impose une approche budgétaire plus souple et anticipative afin de préserver la stabilité économique.
Santé, protection sociale et réforme des entreprises publiques
Le projet de loi de finances 2027 met également l’accent sur plusieurs chantiers de réforme. Parmi les principales priorités figurent :
- le renforcement de la justice sociale ;
- la réforme du système de santé et de la sécurité sociale ;
- l’extension de la couverture sanitaire ;
- la restructuration des entreprises publiques ;
- l’accélération de la transformation numérique ;
- le soutien à l’investissement et au développement régional.
Le gouvernement affirme également vouloir améliorer l’efficacité du système fiscal, renforcer son équité et intégrer progressivement l’économie parallèle dans les circuits économiques officiels.
Une économie jugée résiliente malgré les pressions
Lors de cette réunion, la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a présenté un état d’avancement de l’exécution du budget 2026 ainsi que les principales hypothèses économiques retenues pour 2027.
Selon elle, l’économie tunisienne a fait preuve de résilience malgré les pressions financières et l’incertitude internationale croissante. Elle a estimé que les orientations retenues permettront de consolider les finances publiques tout en soutenant un développement plus équilibré entre les régions.