Le Plan Mattei pour l’Afrique s’étend à un secteur stratégique de l’industrie tunisienne : le traitement et la réutilisation des eaux industrielles. À Monastir, l’Office national de l’assainissement (ONAS) prépare un projet de station d’épuration dédiée aux eaux industrielles à dominante textile, dans le cadre du Pôle épuratoire de Monastir Nord.
Le projet, financé par la facilité RPFF du Plan Mattei, gérée par la Banque africaine de développement (BAD), vise notamment à étudier la possibilité de réutiliser l’eau traitée dans les processus industriels. Une orientation qui met en relation les enjeux de stress hydrique, de compétitivité industrielle et de coopération économique tuniso-italienne.
Le projet P-TN-EBA-002 ne constitue pas une annonce lancée le 21 septembre. La Banque africaine de développement avait publié, le 21 août 2026, un avis à manifestation d’intérêt portant sur l’assistance technique nécessaire à la construction de la station d’épuration industrielle à dominante textile du Pôle épuratoire de Monastir Nord. La publication italienne apporte toutefois un éclairage sur les enjeux industriels et les perspectives de participation des entreprises italiennes.
Une station industrielle, au-delà de la simple épuration
La première phase du marché concerne les prestations de conseil et d’accompagnement, et non encore la construction de la station. L’ONAS recherche un consultant ou un groupement de consultants pour intervenir dans la préparation des marchés de travaux, la maîtrise d’œuvre, la supervision ainsi que la planification et la coordination du projet. La durée indicative du contrat est de 60 mois. Les manifestations d’intérêt doivent être déposées au plus tard le 24 septembre 2026 à 11h00, heure tunisienne, avec une présélection pouvant retenir jusqu’à six candidats.
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L’étude de faisabilité du projet doit notamment examiner les possibilités de récupération et de réutilisation des eaux industrielles traitées. Cette orientation prend une importance particulière dans une région confrontée à la pression sur les ressources hydriques, tout en accueillant une activité textile fortement intégrée aux chaînes de production et d’exportation. La future infrastructure s’inscrit ainsi dans une approche combinant réduction de la pollution, gestion de l’eau et soutien aux activités industrielles.
Le Plan Mattei comme levier pour la filière italienne
Au-delà de ses objectifs environnementaux, le projet de Monastir Nord illustre une dimension économique de la coopération financée par le Plan Mattei. Le mécanisme RPFF, administré par le Groupe de la BAD, soutient l’assistance technique liée à cette infrastructure. La publication d’Agenzia Nova souligne notamment les opportunités que le projet pourrait offrir aux sociétés italiennes d’ingénierie, de traitement de l’eau et de technologies environnementales.
L’intérêt pour ces entreprises ne signifie toutefois pas qu’un marché leur a déjà été attribué. La procédure est internationale et porte, à ce stade, sur la sélection des prestataires chargés d’accompagner la préparation et la réalisation du projet. La participation éventuelle d’entreprises italiennes doit donc être distinguée d’une attribution effective de contrats de construction ou d’équipement.
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse la création d’une nouvelle station d’épuration. La mise en place d’une filière de traitement adaptée aux eaux industrielles textiles et l’étude de leur réutilisation pourraient contribuer à une meilleure maîtrise des ressources hydriques et à l’évolution des pratiques environnementales du secteur. Les résultats dépendront notamment des solutions techniques retenues, des conditions de réutilisation et de la mise en œuvre effective des infrastructures prévues.