Alors que la campagne de récolte des olives a officiellement démarré le 29 octobre 2026, les opérations de cueillette tardent à prendre leur rythme à Zaghouan. En cause, notamment, le prix de vente des olives, jugé insuffisant par les agriculteurs au regard des coûts de production, mais aussi les températures élevées qui retardent la maturation des fruits et affectent le rendement en huile.
Plusieurs agriculteurs et propriétaires de huileries dans la région font état d’un démarrage relativement lent de la campagne. Selon les témoignages rapportés par des médias locaux, le prix de vente des olives ne dépasse pas actuellement 1 200 millimes le kilogramme. Un niveau considéré comme peu rémunérateur, notamment pour les exploitations qui doivent supporter des charges importantes.
Les dépenses pèsent
L’agriculteur Lazhar Dekhlaoui, originaire de la délégation de Zaghouan, explique que les dépenses liées à l’irrigation des oliveraies, en particulier celles conduites en irrigué, pèsent sur la rentabilité de la récolte. À cela s’ajoutent les frais de main-d’œuvre, dont le coût journalier varie entre 35 et 40 dinars par ouvrier, ainsi que les autres charges d’exploitation.
Face à cette situation, certains producteurs préfèrent retarder la cueillette dans l’espoir de meilleures conditions de commercialisation. D’autres sont contraints de récolter leur production pour éviter les vols. C’est notamment le cas de Lazhar Dekhlaoui, qui affirme avoir commencé la récolte après avoir constaté le vol d’importantes quantités d’olives dans son exploitation.
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Les températures élevées constituent un autre facteur de retard. Un propriétaire de huilerie dans la région explique que la persistance de la chaleur a ralenti la maturation des olives, qui n’ont pas encore atteint partout le stade optimal pour la trituration. Il relève également une baisse du rendement en huile par rapport à la campagne précédente, ce qui contribue à la réticence de certains agriculteurs à entamer la récolte.
La région compte près de neuf millions d’oliviers
À Zaghouan, les enjeux sont importants. La région compte près de neuf millions d’oliviers répartis sur environ 63 000 hectares, dont plus de 7 000 hectares de plantations irriguées, selon les données des services régionaux du développement agricole.
La production de la campagne actuelle est estimée à environ 70 000 tonnes d’olives, correspondant à près de 12 000 tonnes d’huile d’olive. Ce volume serait inférieur à celui de la saison précédente, durant laquelle la région avait produit quelque 17 000 tonnes d’huile. Il resterait toutefois supérieur à la moyenne annuelle de la dernière décennie, estimée à environ 7 000 tonnes.
Le démarrage tardif de la récolte met ainsi en évidence les difficultés économiques auxquelles font face les oléiculteurs, entre prix de vente jugés insuffisants, hausse des charges et conditions climatiques qui influencent la maturation des fruits et leur rendement à l’extraction.
