Le bras de fer entre le ministère des Affaires sociales et les pharmacies privées se poursuit. Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a annoncé, jeudi 5 novembre 2026, avoir ordonné la suspension du versement des sommes dues aux pharmacies privées dans le cadre du système du tiers payant.
Intervenant devant la commission de la santé réunissant les deux chambres parlementaires, le ministre a précisé que les paiements resteront bloqués tant que les pharmacies n’auront pas levé leur décision de suspendre l’application de ce dispositif. Il a indiqué avoir donné cet ordre quelques heures avant le versement d’une tranche des sommes dues, qui devait intervenir mardi 3 novembre.
Un conflit lié aux impayés de la CNAM
Cette décision intervient après l’annonce, le 30 octobre dernier, par le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, de la suspension du tiers payant à partir du 1er novembre 2026. Le syndicat avait justifié cette mesure par les retards de paiement et ce qu’il considère comme des manquements persistants de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) à ses engagements contractuels.
L’organisation professionnelle avait notamment rappelé avoir alerté la CNAM dès le 19 octobre sur l’impossibilité de poursuivre le fonctionnement du dispositif sans le règlement des sommes dues. Elle avait également évoqué les difficultés d’approvisionnement en médicaments, la pression fiscale et les problèmes structurels auxquels fait face la profession.
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Le différend ne date toutefois pas de cette dernière décision. En juillet 2026, les représentants des pharmacies privées avaient déjà menacé de suspendre le tiers payant à partir du 1er août si la CNAM ne réglait pas ses engagements financiers et contractuels. À l’époque, les créances relatives à deux mois de remboursements de 2025 étaient estimées à environ 80 millions de dinars, selon le président du syndicat, Zoubeïr Guiga.
Un historique de suspension
En décembre 2025, les pharmacies avaient également suspendu la délivrance des médicaments dans le cadre du tiers payant, dans un contexte de tensions autour des dettes de la CNAM et du financement du secteur.
La décision annoncée jeudi par le ministre ajoute ainsi un nouveau volet au bras de fer entre les autorités et les pharmaciens. Le blocage des paiements pourrait prolonger les tensions, alors que les assurés sociaux restent directement concernés par les conséquences de la suspension du tiers payant.