Le projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, baptisé ELMED, avance à grands pas. Alors que les principaux contrats des stations de conversion et du câble sous-marin ont été attribués, le financement du renforcement du réseau électrique tunisien est désormais soumis à l’examen du Parlement. La mise en service de cette infrastructure de 600 mégawatts est envisagée entre 2028 et 2030.
Selon une mise à jour publiée le 4 novembre par le cabinet tunisien AIUS, spécialisé dans l’accompagnement technique des projets énergétiques, les contrats relatifs aux principales composantes de l’interconnexion ont été attribués. En juin 2026, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et son homologue italienne Terna ont confié à Hitachi Energy la réalisation des deux stations de conversion, pour un montant d’environ 770 millions d’euros. Ces installations seront implantées à Mlaabi, dans la région de Menzel Temime, en Tunisie, et à Partanna, en Sicile.
Le contrat relatif au câble sous-marin a, de son côté, été attribué au groupe italien Prysmian, pour un montant d’environ 460 millions d’euros. Ce câble doit relier les deux pays à travers le détroit de Sicile, sur une distance d’environ 200 kilomètres sous la mer.
Des contrats de 1,2 milliard d’euros et une liaison de 600 MW
L’interconnexion ELMED disposera d’une capacité de transport bidirectionnelle de 600 mégawatts et fonctionnera en courant continu à haute tension (HVDC), avec une tension pouvant atteindre 500 kilovolts. Le coût global de l’investissement est estimé à environ 1,42 milliard d’euros, selon les données communiquées par Hitachi Energy.
Le financement du projet repose sur plusieurs contributions internationales, notamment une subvention européenne de 307,6 millions d’euros, des financements de la Banque mondiale et des prêts accordés par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement et la banque allemande KfW.
Au-delà du câble reliant les deux rives de la Méditerranée, le projet nécessite également d’importants investissements dans le réseau électrique national. Cette composante, baptisée ELMED II, prévoit notamment la construction d’une ligne aérienne de transport d’électricité de 400 kilovolts entre Grombalia, dans le gouvernorat de Nabeul, et Kondar, dans le gouvernorat de Sousse.
D’une longueur d’environ 85 kilomètres, cette ligne traversera les gouvernorats de Nabeul, Ben Arous, Zaghouan et Sousse. Des infrastructures supplémentaires de raccordement porteront à environ 105 kilomètres l’ensemble des nouveaux circuits de 400 kilovolts prévus dans le cadre de cette opération, selon AIUS.
ELMED II : la ligne Grombalia-Kondar au cœur du renforcement du réseau tunisien
Le projet bénéficie d’un financement de 43 millions d’euros accordé par la BERD à la STEG, avec une garantie de l’État tunisien. L’accord de financement et de garantie avait été signé le 15 janvier 2026.
Une nouvelle étape institutionnelle a été franchie le 2 novembre. Le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a transmis à la commission des finances et du budget le projet de loi n° 66/2026 relatif à l’approbation de la convention de garantie conclue entre la Tunisie et la BERD. Le texte a été renvoyé pour examen en urgence.
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La STEG doit également conduire les procédures de passation des marchés relatifs à cette infrastructure, dont l’avis général avait été publié par la BERD en septembre dernier.
Le renforcement du réseau électrique tunisien doit permettre d’acheminer l’électricité produite notamment dans le sud et le centre du pays vers les régions du nord et du Cap Bon. Il doit également préparer le réseau à l’intégration de nouvelles capacités renouvelables et aux futurs échanges électriques avec l’Italie.
Avec une capacité de 600 mégawatts, ELMED doit ainsi permettre des échanges d’électricité dans les deux sens. La liaison pourrait faciliter les exportations tunisiennes d’électricité renouvelable vers le marché européen, mais également permettre des importations depuis l’Italie en cas de besoins supplémentaires sur le réseau national. La mise en service de l’ensemble du dispositif est envisagée à l’horizon 2028-2030.