La coopération sanitaire entre la Tunisie et l’Arabie saoudite porte sur trois projets hospitaliers majeurs à Kairouan, Sbiba et El Jem, représentant plusieurs centaines de millions de dinars d’investissement. Leur avancement a été au centre d’une réunion tenue mardi 3 novembre 2026 entre le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, et l’ambassadeur saoudien à Tunis, Mohamed Ben Abdallah Ben Hamad Al-Buraithen. Les deux responsables ont notamment insisté sur la nécessité d’accélérer l’achèvement de ces infrastructures, destinées à renforcer l’offre de soins dans plusieurs régions du pays.
Le projet le plus important est celui de l’hôpital universitaire Roi Salman Ben Abdelaziz à Kairouan. Annoncé dès 2017 dans le cadre de la coopération tuniso-saoudienne, il a connu plusieurs années de retard avant la relance de sa réalisation. Le contrat de construction et d’équipement a été signé le 10 décembre 2025, pour un investissement estimé à environ 450 millions de dinars.
Doté d’une capacité prévue de 500 lits, cet établissement doit accueillir plusieurs spécialités médicales et chirurgicales et renforcer la prise en charge des patients dans le Centre-Ouest. Il devrait notamment réduire les déplacements vers les établissements hospitaliers de Sousse et de Tunis pour accéder à des soins spécialisés.
Après les études d’exécution et les travaux préparatoires, le chantier devait entrer dans une nouvelle phase de construction en septembre 2026. La mise en service de l’hôpital est désormais annoncée pour 2029. Ce calendrier souligne l’importance du suivi de ce projet, dont les premières annonces remontent à près d’une décennie.
Sbiba et El Jem : deux hôpitaux de 105 lits chacun
La coopération avec le Fonds saoudien pour le développement concerne également deux autres établissements régionaux de catégorie B, à Sbiba, dans le gouvernorat de Kasserine, et à El Jem, dans le gouvernorat de Mahdia.
À Sbiba, le futur hôpital disposera de 105 lits. Il comprendra notamment des services de chirurgie générale, de gynécologie-obstétrique, de pédiatrie et de réanimation, ainsi que des urgences, des équipements d’imagerie médicale, un hôpital de jour et six salles d’opération. Le coût global du projet, incluant la construction et les équipements, est estimé à 77,35 millions de dinars.
À El Jem, le nouvel établissement disposera également de 105 lits et sera construit sur une superficie de 49.186 mètres carrés. Il doit comprendre notamment des services d’urgences, de radiologie, de maternité, de chirurgie et d’hospitalisation. Le coût des travaux de construction, hors équipements médicaux, est estimé à 61 millions de dinars.
Les contrats de réalisation des deux établissements ont été signés le 10 janvier 2025. Leur financement repose sur un prêt de 150 millions de riyals saoudiens accordé par le Fonds saoudien pour le développement, soit environ 116 millions de dinars, complété par une contribution tunisienne. Le délai initial annoncé pour les travaux était de 20 mois.
Ces deux infrastructures doivent rapprocher les prestations hospitalières spécialisées des habitants des régions concernées et alléger la pression sur les établissements de santé des grandes villes. Leur réalisation effective constitue donc un enjeu important pour l’accès aux soins dans le Centre-Ouest et le Sahel.
Charles-Nicolle : un centre de néphrologie à inaugurer le 16 novembre
Au-delà des trois projets hospitaliers, la coopération tuniso-saoudienne concerne également la rénovation du centre de néphrologie de l’hôpital Charles-Nicolle, à Tunis. Son inauguration est prévue le 16 novembre 2026, avec le concours du Centre Roi Salmane de secours et d’action humanitaire.
La réunion du 3 novembre a également porté sur le lancement de plusieurs initiatives médicales volontaires. Elles doivent notamment concerner l’implantation cochléaire et la réhabilitation auditive des enfants dans le cadre du programme « Saudi Hearing », ainsi que les greffes de cornée.
D’autres interventions sont annoncées dans les domaines de la cardiologie pédiatrique, notamment le cathétérisme cardiaque chez les enfants, des interventions vasculaires et des prestations de dialyse. Des actions de formation dans le domaine de la prise en charge des patients dialysés sont également prévues.
La santé numérique dans les discussions
Enfin, l’ambassadeur saoudien a visité l’hôpital numérique relevant du ministère de la Santé. Les échanges ont porté sur les possibilités de partage d’expertise avec les structures saoudiennes afin de développer les services numériques de santé, d’améliorer leur qualité et de faciliter l’accès des citoyens aux prestations médicales.
À travers ces différents volets, le partenariat entre Tunis et Riyad couvre aussi bien les infrastructures hospitalières que les interventions médicales spécialisées, la formation et la transformation numérique du secteur de la santé.
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