Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) continuent de s’imposer comme l’un des principaux soutiens de l’économie nationale. Après avoir atteint 8,8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 6 % sur un an, ils devraient dépasser le seuil des 9 milliards de dinars en 2026, selon les prévisions évoquées par le président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), Samir Majoul.
À titre de comparaison, un tel montant représente près de 14,5 % du budget de l’État prévu pour 2026, estimé à environ 62 milliards de dinars. Autrement dit, les transferts des Tunisiens de l’étranger équivalent à près d’un dinar sur sept des dépenses publiques de l’année.
Ces déclarations ont été faites à l’occasion de la conférence régionale des Tunisiens à l’étranger consacrée à la deuxième région, organisée à Tunis sous le thème « Nos compétences à l’étranger, une force motrice pour le développement national », en présence notamment du gouverneur de Tunis, Imed Boukhris, de la directrice générale chargée de la gestion de l’Office des Tunisiens à l’étranger, Naïla Bali, ainsi que d’experts et d’acteurs de la migration.
Près de deux millions de Tunisiens établis à l’étranger
Selon Samir Majoul, la communauté tunisienne à l’étranger, estimée à près de deux millions de personnes, constitue un capital humain et économique stratégique. Au-delà des transferts financiers, elle représente un réservoir de compétences, de savoir-faire et de réseaux internationaux susceptibles de renforcer l’attractivité économique du pays.
Le président de l’UTICA a ainsi plaidé pour que les transferts ne servent pas uniquement à la consommation des ménages, mais qu’une part plus importante soit orientée vers l’investissement productif, la création d’entreprises et les projets à forte valeur ajoutée.
Créer un environnement favorable à l’investissement
Pour atteindre cet objectif, Samir Majoul estime nécessaire d’améliorer le climat des affaires, de renforcer les mécanismes d’accompagnement des investisseurs et de faciliter les liens entre les entrepreneurs tunisiens établis à l’étranger et le tissu économique national.
Il considère que les transferts des expatriés demeurent un indicateur fort de leur attachement à la Tunisie, mais qu’ils pourraient générer un impact économique beaucoup plus important s’ils étaient davantage mobilisés pour financer des activités productives.
Des indicateurs économiques en amélioration
Le président de l’UTICA a également mis en avant plusieurs indicateurs jugés encourageants. Les investissements étrangers ont atteint 839 millions de dinars au cours du premier trimestre 2026, dont 825 millions sous forme d’investissements directs étrangers (IDE), le secteur industriel restant le principal bénéficiaire de ces flux.
Il a par ailleurs souligné le potentiel économique de la deuxième région, qui regroupe les gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben Arous, La Manouba, Zaghouan et Nabeul. Le plan de développement 2026-2030 prévoit plus de 4 400 projets dans cette région pour un coût global estimé à 28,6 milliards de dinars.
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Si les transferts des Tunisiens à l’étranger constituent déjà l’une des principales sources de devises du pays, leur poids croissant pose également la question de leur valorisation. Aujourd’hui, une grande partie de ces fonds alimente les dépenses courantes des familles ou le marché immobilier.
Pour de nombreux économistes, l’enjeu consiste désormais à transformer cette ressource en véritable moteur de croissance. Cela passe par des instruments financiers dédiés, des incitations fiscales, des procédures administratives simplifiées et un accompagnement ciblé afin d’encourager les Tunisiens de l’étranger à investir davantage dans les secteurs créateurs d’emplois.
En clôture de son intervention, Samir Majoul a appelé les entrepreneurs et les compétences tunisiennes établis à l’étranger à contribuer davantage à l’attractivité de la Tunisie, estimant qu’ils constituent les meilleurs ambassadeurs du pays auprès des investisseurs internationaux.