Quand certains consommateurs repartent des grandes surfaces les mains vides, l’eau, elle, attendait tranquillement chez deux grossistes de Sousse.
Mercredi, les services du contrôle économique et les forces de sécurité ont découvert 23 600 litres d’eau minérale qui n’étaient pas proposés à la vente. Selon Diwan FM, citant le directeur régional du Commerce de Sousse, Riadh Kacem, les deux commerçants sont soupçonnés d’avoir volontairement caché ces stocks afin de pratiquer des ventes discriminatoires et des pratiques monopolistiques.
Le paradoxe est frappant. Depuis plusieurs semaines, les rayons se vident par endroits, alimentant les interrogations sur les difficultés d’approvisionnement. Les autorités assurent pourtant que les capacités de production sont suffisantes et qu’il n’existe aucun manque structurel d’eau minérale.
Les contrôles racontent une autre histoire. Pas celle d’usines à l’arrêt ou de sources taries, mais celle d’un circuit de distribution où certaines quantités semblent parfois disparaître… avant de réapparaître lors d’une opération de contrôle.
Le retour à la normale annoncé il y a quelques jours ne semble d’ailleurs pas encore perceptible partout. Ce mercredi, un magasin Monoprix limitait les achats à un carton de six bouteilles d’eau minérale par client, signe que les tensions sur l’approvisionnement persistent encore dans certains points de vente.
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Une affaire qui dépasse la simple saisie
Ce n’est d’ailleurs pas la première intervention cet été. En juillet, plus de 63 000 litres avaient été saisis à Ben Arous pour des conditions de stockage non conformes, tandis que l’INSSPA annonçait avoir retiré plus de 78 000 litres lors de plusieurs opérations de contrôle sanitaire.
La différence est importante. À Ben Arous, le problème était sanitaire. À Sousse, il est économique : l’eau était consommable, mais elle ne circulait pas.
Les 23 600 litres ont été réinjectés dans le circuit commercial afin d’approvisionner les consommateurs. Des procès-verbaux ont été dressés et les procédures légales prévues ont été engagées, selon la direction régionale du Commerce.
L’affaire rappelle que les tensions observées sur le marché de l’eau minérale ne relèvent pas uniquement de la production. Elles peuvent également trouver leur origine dans certains maillons de la chaîne de distribution.
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