L’ancien président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, a exprimé son opposition au rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, dénonçant une décision qu’il considère comme contestable sur le plan moral et préjudiciable aux intérêts du Maroc.
Dans une publication consacrée à cette décision, l’ancien chef de l’État tunisien réaffirme son attachement au Maroc, qu’il décrit comme son « deuxième pays », ainsi que son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Il rend également hommage au roi Mohammed VI pour son soutien à la révolution tunisienne de 2011 et salue la solidarité du peuple marocain envers les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.
Une opposition fondée sur la situation palestinienne
Dans son message, Moncef Marzouki estime que la décision marocaine intervient dans un contexte marqué par la guerre à Gaza, les violences en Cisjordanie et les tensions régionales. Il évoque également les actions israéliennes à Jérusalem-Est, ainsi que les interventions et menaces impliquant le Liban, la Syrie et la Jordanie.
L’ancien président tunisien considère que le renforcement des relations diplomatiques avec Israël constitue une décision « moralement condamnable » et politiquement dommageable pour l’image et les intérêts du Maroc. Il estime notamment que cette démarche pourrait profiter au gouvernement israélien, en particulier à Benjamin Netanyahu et aux ministres Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, à l’approche des élections israéliennes.
Marzouki critique par ailleurs le renforcement des relations bilatérales au moment où, selon lui, les liens de certains États arabes et musulmans avec Israël se sont refroidis. Il plaide pour une approche régionale axée sur la désescalade et s’oppose à l’extension de l’influence israélienne dans la région.
Le Maroc et Israël vers un échange d’ambassadeurs
La réaction de Moncef Marzouki intervient après l’annonce, le 16 septembre 2026, d’un accord entre le Maroc et Israël visant à élever leurs relations diplomatiques au niveau des ambassades et à procéder à un échange d’ambassadeurs. L’annonce a été faite à New York à l’issue d’une rencontre entre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, son homologue israélien Gideon Sa’ar et l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz.
Les deux pays ont également annoncé leur intention de renforcer leur coopération économique, de finaliser des accords relatifs à la protection des investissements et à la prévention de la double imposition, ainsi que de rétablir les liaisons aériennes directes.
Lire aussi : Interview de Moncef Marzouki sur France 24 : Tunis hausse le ton et convoque l’ambassadrice de France
Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la normalisation des relations maroco-israéliennes engagée en 2020, dans le contexte des accords d’Abraham négociés sous l’égide des États-Unis. Les représentations diplomatiques des deux pays étaient jusqu’alors maintenues au niveau de bureaux de liaison.
Le message de Moncef Marzouki met ainsi en évidence la tension entre le choix diplomatique du Maroc de renforcer ses relations avec Israël et les critiques liées à la situation palestinienne et aux équilibres régionaux.