La « Muqaddima » d’Ibn Khaldoun vient d’être inscrite au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO, une reconnaissance internationale de la valeur documentaire et historique de l’une des œuvres majeures de la pensée arabe et musulmane. L’annonce a été faite samedi 19 septembre à Tunis par l’historien Abdelhamid El Arquès, coordinateur de la commission internationale chargée de soutenir la candidature d’Ibn Khaldoun et de son œuvre.
L’annonce est intervenue lors de la cérémonie de remise des prix Ibn Khaldoun des sciences humaines et sociales, dans leur 26e édition, et du prix Mahmoud Darwich de poésie, dans sa deuxième édition, organisée au Centre des arts, de la culture et des lettres « Ksar Saïd », à Bardo, en présence de chercheurs, d’intellectuels et d’acteurs du monde culturel.
Une candidature portée par quatre pays
Selon Abdelhamid El Arquès, quatre pays ont participé à la démarche de candidature : la Tunisie, l’Algérie, la Turquie et l’Égypte. Ce choix s’explique notamment par les liens entre Ibn Khaldoun, son parcours intellectuel et les différents espaces dans lesquels il a vécu, travaillé et produit ses écrits.
L’Algérie est notamment liée à l’élaboration de son œuvre historique majeure, tandis que la Turquie conserve certains des plus anciens manuscrits de la « Muqaddima ». L’Égypte occupe également une place importante dans le parcours de l’historien, qui y a vécu et poursuivi une partie de son activité intellectuelle.
La candidature a mobilisé des chercheurs et des intellectuels de plusieurs pays, avec notamment la constitution d’un dossier documentaire comprenant des manuscrits et des documents historiques liés à Ibn Khaldoun et à son œuvre. Selon El Arquès, l’initiative visant à inscrire Ibn Khaldoun et ses écrits au registre de l’UNESCO avait commencé en 2024.
Une reconnaissance internationale pour une œuvre née en Tunisie
L’inscription concerne la « Muqaddima », œuvre dans laquelle Ibn Khaldoun développe une réflexion sur les sociétés, les dynamiques politiques, les économies, les civilisations et les mécanismes de transformation historique. Né à Tunis en 1332, Ibn Khaldoun a construit une œuvre qui a largement dépassé le cadre géographique et intellectuel dans lequel elle a été élaborée.
Le registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO vise précisément à préserver le patrimoine documentaire considéré comme ayant une valeur universelle et à favoriser son accessibilité aux générations futures. Il comprend des manuscrits, archives, collections et autres documents provenant de différentes régions du monde.
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Pour la Tunisie, cette inscription place ainsi un élément majeur de son patrimoine intellectuel dans un dispositif international consacré à la conservation et à la transmission de la mémoire documentaire mondiale.
L’annonce intervient par ailleurs quelques semaines après que l’UNESCO a renforcé la visibilité de son programme « Mémoire du monde » dans le monde arabe, avec le lancement en août 2026 de son site consacré au programme en langue arabe et la traduction de plusieurs de ses documents de référence.