Le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier de Tunis a émis, mardi 8 septembre 2026, un mandat de dépôt contre le journaliste Mohamed Yousfi, après son audition dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. Cette décision intervient après son placement en garde à vue dans la nuit du 4 au 5 septembre.
Une information judiciaire ouverte
Selon une source judiciaire citée par la TAP, le parquet du Pôle judiciaire économique et financier avait ordonné l’ouverture d’une information judiciaire contre Mohamed Yousfi et toute personne dont l’implication serait établie par l’enquête. Le dossier porte notamment sur des soupçons de constitution d’une entente visant à porter atteinte aux personnes et aux biens, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent au sein d’un groupe organisé ou d’une entente.
L’enquête vise également des soupçons liés à l’exploitation des facilités procurées par l’activité professionnelle et sociale de l’intéressé, ainsi qu’à la perception d’avantages provenant de flux financiers considérés comme illicites par l’intermédiaire d’une association.
Son état de santé au cœur des préoccupations
Le déroulement de l’audition a toutefois été marqué par une dégradation de l’état de santé du journaliste. Selon plusieurs sources, son interrogatoire a été interrompu après une intervention chirurgicale subie deux jours auparavant. Mosaïque FM rapporte que le juge a suspendu l’interrogatoire en raison de cette dégradation.
La situation sanitaire de Mohamed Yousfi est également au centre des déclarations de son comité de défense et du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).
Le SNJT dénonce des irrégularités
Dans un communiqué publié mardi, le SNJT a dénoncé les conditions dans lesquelles le mandat de dépôt aurait été délivré. Selon le syndicat, citant la défense, la décision serait intervenue avant la fin de l’interrogatoire, sans permettre aux avocats de présenter leurs plaidoiries et alors que le journaliste était absent. La défense aurait également refusé de signer le procès-verbal.
Le SNJT a par ailleurs demandé la révision immédiate de la décision, l’ouverture d’une enquête indépendante sur les éventuelles irrégularités et la garantie des soins médicaux nécessaires à Mohamed Yousfi.
Le journaliste, rédacteur en chef du média Al Qatiba, avait été arrêté vendredi alors qu’il se rendait à une émission sur Express FM.
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