Les voyageurs tunisiens se rendant dans l’espace Schengen pourraient désormais être confrontés à des contrôles plus longs aux frontières, après la fin, le 6 septembre, de la période de flexibilité permettant aux États de suspendre temporairement certaines vérifications biométriques du système EES en cas de forte affluence. Cette évolution concerne l’ensemble des ressortissants de pays tiers soumis à l’Entry/Exit System (EES), et non spécifiquement les Tunisiens. Son principal effet potentiel est une augmentation des files d’attente dans les aéroports et autres points de passage très fréquentés.
Pourquoi les contrôles peuvent-ils prendre plus de temps ?
L’EES (Entry/Exit System) est le système numérique européen qui enregistre les entrées et sorties des ressortissants de pays tiers effectuant des séjours de courte durée. Il concerne notamment les voyageurs qui disposent d’un visa Schengen de court séjour. Les informations enregistrées comprennent les données du document de voyage, les dates et lieux d’entrée et de sortie ainsi que des données biométriques, notamment la photographie faciale et les empreintes digitales.
Depuis le 6 septembre, les autorités ne disposent plus de la même possibilité de suspendre certaines étapes biométriques lorsque l’affluence devient trop importante. Or, ces opérations peuvent prendre davantage de temps que les anciens contrôles manuels.
L’Association internationale du transport aérien (IATA) a notamment alerté sur les retards déjà provoqués par le dispositif. Certains aéroports européens ont connu cet été des files de plusieurs heures, avec des voyageurs ayant parfois manqué des vols ou des correspondances.
Tous les voyageurs ne connaîtront pas les mêmes délais
Il n’existe toutefois aucun délai uniforme applicable à tous les voyageurs. Le temps d’attente dépendra du point de passage, de l’affluence au moment de l’arrivée, du nombre de postes disponibles, de l’organisation des contrôles et du fonctionnement des équipements biométriques.
Les difficultés techniques ne sont d’ailleurs pas réglées partout. Des problèmes persistent notamment sur certains points de passage français, tandis que plusieurs pays poursuivent encore des ajustements opérationnels.
Pour un voyageur tunisien, cela signifie surtout qu’il peut être prudent de prévoir une marge supplémentaire lors d’un départ vers l’Europe, particulièrement pendant les périodes de forte fréquentation.
EES : quelles données sont enregistrées ?
Lors d’une première inscription dans le système, le voyageur concerné peut notamment devoir fournir ses données personnelles figurant sur le passeport ; une photographie faciale ; ses empreintes digitales ; les dates et lieux de ses entrées et sorties ; et, le cas échéant, les informations relatives à un refus d’entrée.
Lors de passages ultérieurs, les données biométriques déjà enregistrées peuvent être réutilisées, ce qui doit permettre de fluidifier progressivement les contrôles.
L’objectif officiel de l’EES est notamment de moderniser les contrôles, d’enregistrer électroniquement les entrées et sorties et de mieux détecter les dépassements de durée de séjour.
Une confusion fréquente concerne l’ETIAS. Les deux systèmes sont liés à la gestion des frontières européennes, mais ils n’ont pas la même fonction.
L’EES intervient au moment du contrôle à la frontière. Il enregistre l’entrée ou la sortie et les données correspondantes.
L’ETIAS intervient avant le voyage. Il s’agit d’une autorisation de voyage préalable destinée aux ressortissants de pays bénéficiant d’une exemption de visa pour les courts séjours. Pour les Tunisiens soumis à l’obligation de visa Schengen, l’ETIAS ne remplace donc pas le visa.
La fin de la flexibilité EES ne signifie pas la fermeture des frontières ni une nouvelle restriction visant spécifiquement les Tunisiens. Elle marque la fin d’un mécanisme temporaire permettant de réduire certaines opérations biométriques lorsque les files devenaient trop importantes.
La conséquence concrète pourrait donc être très différente d’un aéroport à l’autre : plus de temps au contrôle dans les points de passage saturés, mais pas nécessairement de longues files partout.
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