L’état de santé du journaliste et rédacteur en chef du site Al-Katiba, Mohamed Yousfi, se serait fortement détérioré mardi 8 septembre alors qu’il se trouvait au pôle judiciaire économique et financier de Tunis pour être entendu par le juge d’instruction. Selon le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), ses douleurs sont devenues particulièrement intenses au point de nécessiter l’intervention d’un médecin de la Protection civile.
D’après le syndicat, qui cite des membres de son comité de défense, le médecin dépêché sur place a examiné le journaliste et lui a prescrit des médicaments. Plusieurs avocats de sa défense auraient alors dû quitter les lieux afin de se procurer les traitements prescrits, dans un contexte où l’état de santé de Yousfi suscitait une vive inquiétude.
Toujours selon la défense rapportée par le SNJT, l’état de Mohamed Yousfi se serait ensuite aggravé, au point qu’il aurait crié de douleur. Le syndicat décrit une situation médicale « extrêmement préoccupante » et estime que son état ne permettrait pas, selon la défense, de supporter davantage d’attente ou de report.
Une situation médicale qui intervient après une opération
Cette nouvelle alerte intervient quelques jours après une grave crise de santé ayant nécessité l’hospitalisation du journaliste et une intervention chirurgicale en urgence. Le SNJT avait déjà dénoncé, lundi 7 septembre, la prolongation de sa détention malgré cette intervention médicale et demandé sa libération immédiate.
La question de la compatibilité entre son état de santé et les mesures judiciaires envisagées se retrouve ainsi au centre des préoccupations de sa défense. Celle-ci affirme qu’un placement en détention pourrait toujours être décidé malgré la dégradation de son état, soulevant la question de l’adaptation d’une telle mesure à sa situation médicale.
Les faits reprochés à Mohamed Yousfi
Mohamed Yousfi est détenu depuis le 4 septembre 2026. Son arrestation est intervenue alors qu’il se rendait à une émission sur Express FM, selon le SNJT. Le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier a ensuite ordonné son maintien en détention dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.
Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, l’enquête concerne également des soupçons de constitution d’une entente en vue d’attenter aux personnes et aux biens, ainsi que des faits présumés liés au blanchiment d’argent et à l’enrichissement illicite. Le journaliste est entendu dans le cadre d’une enquête financière qui porte sur lui ainsi que sur toute personne susceptible d’être impliquée.
La défense conteste pour sa part les accusations et affirme notamment qu’il n’existerait pas, selon elle, de données bancaires ou d’expertises financières établissant les faits reprochés à Yousfi. Elle considère également que les poursuites seraient liées à son activité journalistique, une lecture que les autorités judiciaires ne présentent pas de la même manière.
Le SNJT hausse le ton
Face à l’évolution de la situation, le SNJT a intensifié sa mobilisation. Lors d’une conférence de presse tenue mardi, son président Zied Dabbar a demandé la libération de Mohamed Yousfi et l’arrêt des poursuites judiciaires, tout en annonçant une « urgence journalistique » pour défendre la liberté de la presse et les droits des journalistes. Une mobilisation a également été organisée devant le pôle judiciaire économique et financier.
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L’affaire intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la liberté de la presse en Tunisie. L’arrestation de Mohamed Yousfi et les poursuites engagées contre lui ont suscité des réactions de journalistes et d’organisations de défense des libertés, tandis que le SNJT réclame le respect de la présomption d’innocence et de l’ensemble des garanties d’un procès équitable.
À ce stade, aucune décision définitive concernant un éventuel placement de Mohamed Yousfi en détention n’est à présenter comme acquise. La question demeure étroitement liée aux suites de son audition par le juge d’instruction et à l’évolution de son état de santé.