Les États-Unis et l’Iran semblent avoir franchi une nouvelle étape dans leur rapprochement diplomatique. À l’issue de discussions organisées en Suisse sous médiation qatarie et pakistanaise, Washington a annoncé un allègement temporaire de certaines sanctions visant Téhéran, tandis que les autorités iraniennes évoquent un accord permettant le déblocage d’environ 12 milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger.
Cette évolution intervient dans le prolongement du mémorandum d’entente conclu la semaine dernière entre les deux pays afin de réduire les tensions régionales et d’ouvrir la voie à un accord plus durable.
Un allègement des sanctions et un retour du pétrole iranien
Le département américain du Trésor a accordé une dérogation de 60 jours autorisant l’Iran à exporter du pétrole et des produits pétrochimiques jusqu’au 21 août prochain. Cette mesure constitue la première étape d’un processus destiné à apporter un soulagement économique à la République islamique.
À l’issue des discussions de Bürgenstock, en Suisse, le vice-président américain JD Vance a estimé qu’une « base solide » avait été posée en vue d’un accord permanent dans les prochains mois.
Le président américain Donald Trump a également affirmé que Téhéran avait accepté le principe d’inspections internationales destinées à vérifier le caractère pacifique de son programme nucléaire. Une déclaration rapidement nuancée par les autorités iraniennes.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué que les questions nucléaires n’avaient pas encore fait l’objet de négociations détaillées et qu’aucun nouvel engagement n’avait été pris à ce stade.
Douze milliards de dollars au cœur des discussions
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a annoncé qu’un accord avait été trouvé concernant la libération de près de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a pour sa part évoqué plusieurs avancées, notamment la reprise des exportations pétrolières, le dégel progressif d’actifs financiers et le lancement d’un programme de reconstruction économique.
Des divergences subsistent toutefois sur les modalités d’utilisation de ces fonds. Donald Trump a affirmé qu’une partie des sommes débloquées servirait à financer l’achat de produits agricoles américains tels que le maïs, le soja et le blé. La Banque centrale iranienne a contesté cette version, assurant que Téhéran conserverait la liberté d’utiliser ces ressources pour d’autres biens autorisés.
Israël déjà divisé
L’accord suscite de vives réactions en Israël, qui n’était pas partie prenante aux négociations.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que l’armée israélienne maintiendrait sa présence dans certaines zones du sud du Liban et poursuivrait les opérations jugées nécessaires contre le Hezbollah.
À l’inverse, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett accuse le gouvernement de masquer les nouvelles contraintes imposées aux forces israéliennes au Liban. Selon lui, les soldats déployés sur le terrain disposent désormais d’une marge de manœuvre réduite face aux activités du Hezbollah.
Alors que les discussions techniques doivent se poursuivre cette semaine, cet accord marque un premier pas vers une possible détente entre Washington et Téhéran. Reste à savoir si les divergences persistantes sur le nucléaire, les fonds gelés et la sécurité régionale permettront d’aboutir à un accord définitif dans les soixante prochains jours.
Lire aussi: