La Tunisie traverse une phase de « grands défis » où les conditions d’un « vivre dignement » se sont fortement dégradées, selon l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Intervenant samedi 1er août 2026 sur les ondes de Diwan FM, Ahmed Jaziri, secrétaire général adjoint chargé du département des études et de la documentation au sein de la centrale syndicale, a alerté sur la situation économique et sociale du pays, évoquant notamment les plaintes croissantes des citoyens face à la hausse du coût de la vie.
Selon lui, cette situation a conduit le département des études et de la documentation de l’UGTT à élaborer un document intitulé « La Tunisie à la croisée des chemins… Les grands défis et les clés de sortie de crise ». Cette réflexion vise, d’après le responsable syndical, à proposer des pistes de solutions aux difficultés auxquelles le pays est confronté.
« L’Union travaille jour et nuit pour trouver des solutions aux problèmes de la Tunisie », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs nationaux.
Une « urgence nationale » et un dialogue élargi
Ahmed Jaziri a plaidé pour une réunion de toutes les parties concernées afin de réfléchir aux solutions possibles dans les différents secteurs. Il a estimé que la situation nécessite « une urgence nationale » et une « réconciliation nationale globale », basée sur un dialogue réunissant les organisations nationales et la société civile.
Pour lui, la sortie de crise ne peut passer par des décisions individuelles mais exige une approche collective. « La Tunisie a aujourd’hui besoin de ses compétences », a-t-il déclaré, appelant à rassembler les forces vives du pays.
Lire aussi : Pouvoir d’achat, services publics et dialogue social : L’UGTT interpelle le gouvernement
Le responsable syndical a également adressé son message aux autorités actuelles, qu’il accuse de refuser le dialogue avec l’UGTT et d’autres organisations. Il a estimé que les difficultés actuelles imposent une convergence des efforts entre toutes les parties.
« La Tunisie ne manque de rien »
Défendant la capacité du pays à surmonter ses difficultés, Ahmed Jaziri a affirmé que la Tunisie dispose des ressources nécessaires pour sortir de la crise. « La Tunisie ne manque de rien, chaque crise peut être résolue », a-t-il déclaré, reprenant l’expression populaire selon laquelle « l’union fait la force ».
Il a toutefois pointé du doigt les problèmes de gouvernance, l’absence de suivi et la négligence dans la gestion de certaines institutions publiques, citant notamment le cas de la Compagnie des phosphates de Gafsa comme exemple d’une situation qui s’est dégradée au fil des années.
L’UGTT répond aux accusations sur son rôle dans la crise
Réagissant aux critiques qui accusent l’UGTT d’avoir contribué aux difficultés actuelles du pays, Ahmed Jaziri a rejeté ces accusations. Il a affirmé que l’organisation syndicale avait été marginalisée durant les cinq dernières années et qu’elle avait proposé des solutions sans obtenir de réponse.
« Aujourd’hui, tout est rejeté sur l’UGTT », a-t-il regretté, estimant que la centrale syndicale demeure « une force de proposition et une force de dialogue ».
Pour lui, attribuer les problèmes du pays à l’Union générale tunisienne du travail constitue une manière de détourner l’attention des véritables causes de la crise. « Faire porter les difficultés du pays à l’UGTT est une fuite en avant », a-t-il conclu.