La Tunisie vient de fixer les priorités de sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour les quatre prochaines années. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Monder Belaïd, a signé le 17 septembre 2026 à Vienne, avec le directeur général adjoint de l’AIEA chargé de la coopération technique, Hua Liu, le Cadre national de coopération Tunisie-AIEA pour la période 2026-2030.
La signature est intervenue en marge de la 70e session de la Conférence générale de l’AIEA, qui s’est tenue du 14 au 18 septembre à Vienne. En tant que président de la Commission nationale de l’énergie atomique, le ministre a réaffirmé l’engagement de la Tunisie en faveur des usages pacifiques, sûrs et responsables des technologies nucléaires.
Sept secteurs prioritaires
Le nouveau cadre doit servir de feuille de route à la coopération scientifique et technique entre la Tunisie et l’AIEA. Il prévoit sept domaines prioritaires, couvrant notamment la sécurité nucléaire et radiologique, la santé et la nutrition, l’agriculture, l’eau et l’environnement, ainsi que les applications industrielles et les technologies de rayonnement.
Le volet énergétique occupe également une place importante, avec la planification énergétique et l’énergie nucléaire parmi les priorités retenues. Ce point intervient dans un contexte où la Tunisie cherche à diversifier son mix énergétique et à renforcer ses capacités scientifiques et techniques.
L’intérêt pour les applications nucléaires ne se limite en effet pas à la production d’électricité. L’AIEA souligne que ses programmes de coopération technique avec les États membres portent notamment sur la santé, l’agriculture, l’alimentation, la gestion de l’eau et de l’environnement, les applications industrielles et le développement des compétences.
Pour la Tunisie, le domaine de la santé constitue notamment un enjeu important. Le pays avait déjà engagé des démarches avec l’AIEA concernant l’amélioration de l’accès aux traitements de radiothérapie dans le cadre de l’initiative « Rays of Hope ». Les technologies nucléaires sont également utilisées dans la recherche, le diagnostic médical, l’agriculture et l’étude des ressources hydriques.
La question de l’eau est particulièrement stratégique pour la Tunisie. L’AIEA relève elle-même les contraintes liées à la rareté des ressources hydriques tunisiennes et l’utilisation des techniques nucléaires, notamment isotopiques, pour la gestion et l’étude des ressources en eau.
Une coopération qui dépasse la seule question de l’énergie
La signature du programme 2026-2030 ne signifie donc pas que la Tunisie s’engage automatiquement dans la construction d’une centrale nucléaire. Elle établit avant tout un cadre de coopération scientifique et technique permettant de mobiliser l’expertise de l’AIEA dans plusieurs secteurs.
La question nucléaire demeure néanmoins présente dans les réflexions tunisiennes sur le long terme. Lors d’une précédente session de la Conférence générale, la Tunisie avait indiqué étudier les possibilités d’intégrer l’énergie nucléaire dans son mix énergétique, notamment à travers les petits réacteurs modulaires (SMR), en raison notamment de ses besoins énergétiques et de ses contraintes en matière d’eau. Elle avait également proposé un projet dans le cycle de coopération technique 2026-2027 consacré à l’évaluation de l’utilisation de l’énergie nucléaire pour la production d’électricité.
Lire aussi : Tunisie–AIEA : L’énergie nucléaire entre dans les priorités du programme 2026-2030
Le nouveau cadre 2026-2030 donne ainsi une dimension plus structurée à la coopération entre Tunis et l’AIEA. Il doit permettre de renforcer les compétences nationales, d’accéder à l’expertise internationale et de développer des applications concrètes des sciences nucléaires dans des secteurs directement liés aux priorités de développement du pays.
La Tunisie est membre de l’AIEA depuis 1957 et dispose depuis plusieurs décennies d’un cadre de coopération technique avec l’agence. Elle est notamment partie à plusieurs instruments internationaux relatifs à la sûreté et à la sécurité nucléaires.