La Tunisie et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont signé jeudi à Vienne leur nouveau cadre de coopération pour la période 2026-2030. Le document inscrit explicitement la « planification énergétique et l’énergie nucléaire » parmi ses sept domaines prioritaires, sans pour autant annoncer une décision de construire une centrale nucléaire en Tunisie.
Une nouvelle place pour le nucléaire
Le Country Programme Framework (CPF) 2026-2030 constitue le cadre de référence de la coopération technique entre la Tunisie et l’AIEA. Signé par le ministre tunisien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mondher Belaid, et le directeur général adjoint de l’AIEA, Hua Liu, il définit les domaines dans lesquels l’agence pourra orienter son assistance technique et le transfert de technologies nucléaires.
Parmi les sept priorités retenues figure désormais explicitement « Energy planning and nuclear power », soit la planification énergétique et l’énergie nucléaire.
Cette formulation inscrit le nucléaire dans le champ de la coopération technique pour les cinq prochaines années, mais ne constitue pas en elle-même une décision d’investissement ou un engagement à construire une centrale.
Ce que le cadre permet
Le CPF fixe les secteurs dans lesquels l’AIEA et la Tunisie pourront développer leur coopération. Outre l’énergie, le programme couvre la sûreté et la sécurité nucléaires, la santé et la nutrition, l’alimentation et l’agriculture, l’eau et l’environnement, les applications industrielles et les technologies des rayonnements, ainsi que le développement et la gestion des connaissances nucléaires.
Dans le domaine énergétique, la mention du nucléaire peut ainsi concerner la planification, l’expertise technique, le développement des compétences et l’évaluation des différentes options énergétiques.
Elle ne signifie donc pas que Tunis a arrêté le principe, le calendrier ou le financement d’une future centrale.
Un sujet qui dépasse la production d’électricité
L’intérêt de cette nouvelle priorité tient aussi au contexte énergétique tunisien. La question nucléaire peut être abordée dans une réflexion plus large sur la diversification du mix énergétique et la sécurité de l’approvisionnement.
Le nouveau cadre donne surtout à la Tunisie la possibilité de renforcer, avec l’AIEA, ses capacités d’analyse et de planification dans ce domaine.
L’enjeu des prochaines années sera donc moins celui d’une annonce de chantier que celui de la préparation technique et institutionnelle : déterminer la place éventuelle de l’énergie nucléaire dans la stratégie énergétique nationale, évaluer les technologies disponibles et développer les compétences nécessaires.
La signature du CPF marque ainsi une évolution du cadre de coopération entre Tunis et l’AIEA : pour la période 2026-2030, l’énergie nucléaire fait désormais explicitement partie des domaines sur lesquels cette coopération pourra porter, sans préjuger de la décision finale de la Tunisie quant à son éventuelle utilisation dans son mix énergétique.
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