Les États-Unis réorientent une partie de leur aide militaire vers l’Amérique latine. Le département d’État américain a informé mardi 15 septembre le Congrès de la réaffectation de 52 millions de dollars de financement militaire étranger, provenant notamment de programmes destinés à la Tunisie, à l’Irak, à la Slovaquie et à la Macédoine du Nord. Le montant prélevé sur la part tunisienne n’a pas encore été précisé.
Une enveloppe réorientée vers l’Amérique latine
Selon l’Associated Press, les fonds seront désormais affectés au Panama, au Pérou, à l’Équateur et à la Colombie. Washington justifie cette réorientation par la nouvelle priorité accordée à l’hémisphère occidental, notamment à la lutte contre le narcotrafic et au renforcement de la sécurité autour du canal de Panama.
Le financement militaire étranger américain permet notamment aux pays bénéficiaires d’acquérir des équipements auprès d’entreprises américaines de défense. La décision s’inscrit donc dans une réallocation des ressources américaines en fonction des priorités stratégiques de l’administration Trump.
Quels programmes tunisiens concernés ?
Le département d’État n’a pas encore détaillé la répartition des fonds entre les quatre pays concernés. Il reste donc à déterminer quelle part de l’enveloppe était destinée à la Tunisie et quels programmes pourraient subir cette réaffectation.
L’enjeu est notamment de savoir si elle concerne des acquisitions d’équipements, des programmes de formation ou d’autres volets de l’assistance militaire américaine.
Cette clarification est d’autant plus importante que la coopération entre Tunis et Washington repose sur une feuille de route de long terme et couvre plusieurs domaines, de la modernisation des capacités à la formation et aux exercices conjoints.
Un partenariat qui reste très dense
Le signal envoyé par cette réaffectation contraste avec la dynamique observée ces derniers mois dans les relations militaires tuniso-américaines.
En juin dernier, Washington a livré 48 véhicules HMMWV à l’armée tunisienne, une dotation présentée comme un renforcement des capacités opérationnelles et de la mobilité des forces tunisiennes.
Un mois plus tôt, les deux pays avaient également affiché leur volonté d’élargir leur coopération dans le domaine aérien. Les discussions portaient notamment sur la formation, l’enseignement militaire, l’échange d’expertises, les exercices conjoints et le développement des capacités aériennes.
Cette dynamique s’inscrit dans une relation plus structurée encore. En janvier, Tunis et Washington avaient réaffirmé leur volonté d’approfondir leur partenariat militaire dans le cadre d’une feuille de route à l’horizon 2030, avec des priorités allant de la modernisation des équipements au soutien logistique, à la formation et au développement des capacités opérationnelles.
Le paradoxe est donc réel : Washington réduit aujourd’hui une partie des financements militaires qui bénéficiaient à plusieurs partenaires, dont la Tunisie, alors même que la coopération militaire tuniso-américaine continue de se développer sur le terrain.
La réaffectation annoncée constitue ainsi un signal à surveiller, mais elle ne traduit pas, à ce stade, une rupture du partenariat de défense entre les deux pays. Reste désormais à connaître le montant exact retiré à la Tunisie et les programmes concernés pour mesurer la portée réelle de cette décision.
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