Face à l’augmentation des besoins de refroidissement et à la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, la Tunisie engage l’élaboration d’un plan national consacré au refroidissement. L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) a tenu le premier comité de pilotage et la réunion de lancement de ce projet, soutenu par la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).
Une stratégie nationale pour le refroidissement
Le projet doit permettre de structurer une réponse nationale à la progression des besoins liés à la climatisation et au refroidissement, tout en intégrant les impératifs de maîtrise de l’énergie et d’adaptation au changement climatique.
L’ANME inscrit cette démarche dans les objectifs du Global Cooling Pledge, qui vise à accélérer la transition vers un refroidissement plus efficace et moins émetteur.
Le futur plan devra notamment identifier les leviers permettant de réduire la consommation énergétique des équipements de refroidissement, tout en répondant aux besoins croissants des ménages, des bâtiments et des activités économiques.
À ce stade, les objectifs chiffrés, les échéances de mise en œuvre et le financement détaillé du plan n’ont pas encore été précisés.
Des bâtiments aux équipements
La question du refroidissement dépasse désormais le seul choix des climatiseurs. Elle concerne également la conception et la performance énergétique des bâtiments.
L’ANME travaille déjà sur des dispositifs liés à la performance thermique des constructions. Ses travaux sur les données climatiques destinées au dimensionnement des installations de chauffage et de refroidissement prennent notamment en compte les caractéristiques climatiques des différentes régions tunisiennes.
Le futur plan pourrait ainsi s’appuyer sur plusieurs leviers : amélioration de l’isolation et de l’enveloppe des bâtiments, recours à des équipements plus efficaces, entretien des installations, développement de solutions de refroidissement passif et meilleure gestion de la demande électrique.
La question des fluides frigorigènes constitue également un volet important du secteur, compte tenu de leur impact environnemental et de la nécessité d’accompagner la transition vers des solutions plus performantes.
Un enjeu énergétique qui se renforce
La progression des besoins de refroidissement intervient dans un contexte où la demande énergétique tunisienne augmente notamment sous l’effet des besoins du secteur résidentiel. L’ANME souligne depuis plusieurs années la place croissante de ce secteur dans la consommation d’énergie et le potentiel d’économies associé à l’efficacité énergétique.
L’agence mène déjà des actions spécifiques concernant la climatisation, notamment à travers la promotion d’équipements plus efficaces et des campagnes de sensibilisation à leur utilisation rationnelle. Son site recense également des programmes consacrés à la climatisation à haute efficacité énergétique dans le secteur public.
Le plan national de refroidissement doit désormais permettre de passer d’initiatives sectorielles à une approche plus globale, en mettant en cohérence les politiques énergétiques, les besoins d’adaptation aux fortes chaleurs et les objectifs de réduction des émissions.
Le lancement du projet constitue donc une première étape. Le travail du comité de pilotage devra désormais permettre de préciser les priorités, les secteurs concernés, les objectifs mesurables et les moyens nécessaires à leur réalisation. Pour la Tunisie, l’enjeu sera de répondre à une demande de froid appelée à rester forte tout en limitant son coût énergétique et son impact environnemental.
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