La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, estime que la Tunisie dispose de ressources humaines instruites et qualifiées pour tirer parti des transformations des chaînes de valeur mondiales. Une appréciation qui intervient alors que Tunis défend à Genève plusieurs priorités liées au développement industriel, à la sécurité alimentaire et à la transition numérique.
Le capital humain comme levier industriel
Intervenant ce jeudi à Genève, dans le cadre du Forum public de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala a mis en avant la qualité des ressources humaines tunisiennes. Selon la directrice générale de l’organisation, ce capital humain peut permettre à la Tunisie de mieux se positionner dans un environnement économique mondial marqué par la recomposition des chaînes de valeur.
Cette évolution offre potentiellement de nouvelles opportunités aux pays capables de mobiliser des compétences qualifiées, d’attirer des investissements et de s’intégrer dans des segments industriels à plus forte valeur ajoutée.
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse toutefois la disponibilité des compétences. Il consiste également à transformer cet atout en implantations industrielles, en activités d’exportation et en une participation plus importante aux différentes étapes de production.
Des opportunités dans un commerce mondial en transformation
La recomposition des chaînes de valeur mondiales pousse les entreprises à revoir leurs réseaux de production et d’approvisionnement. Cette dynamique peut ouvrir des perspectives à des économies disposant d’un tissu industriel, de compétences techniques et d’une proximité avec de grands marchés.
La Tunisie cherche notamment à valoriser ses capacités dans les secteurs industriels et technologiques. Mais la concrétisation de ces opportunités dépendra de plusieurs facteurs : l’environnement des affaires, la compétitivité logistique, l’accès aux intrants et la capacité à répondre aux exigences des donneurs d’ordre internationaux.
L’appréciation formulée par la responsable de l’OMC constitue donc un signal sur le potentiel du pays, sans préjuger de l’ampleur des investissements ou des relocalisations qui pourraient en découler.
Tunis défend un accès plus équitable aux marchés
La déclaration de Ngozi Okonjo-Iweala intervient alors que la Tunisie participe aux discussions consacrées à la réforme de l’organisation commerciale mondiale.
Lors de ces négociations, Tunis met en avant plusieurs priorités : la sécurité alimentaire, l’industrialisation, la transition numérique et l’amélioration de l’accès des pays en développement aux marchés internationaux.
Ces revendications s’inscrivent dans une volonté de faire évoluer les règles du commerce mondial afin de mieux prendre en compte les contraintes et les besoins des économies en développement.
Lire aussi :
Tunisie – OMC : Cap sur la 4e revue des politiques commerciales