Le ministère de l’Agriculture envisage d’importer des lots d’œufs à couver afin d’ajuster la production avicole prévue pour novembre et décembre, après les pertes enregistrées durant les vagues de chaleur et les coupures d’électricité de juillet et août. Le recensement des pertes mené par le GIPAC arrive à son terme ce lundi 7 septembre, alors que certaines petites et moyennes exploitations de Nabeul et Zaghouan auraient enregistré des mortalités pouvant atteindre 100 % de leur cheptel.
Une importation pour préparer les mois de novembre et décembre
L’importation envisagée concerne des œufs à couver, et non de la viande de volaille. Cette distinction est importante : ces œufs doivent permettre de reconstituer progressivement les capacités de production affectées par les pertes de cet été.
Salwa Dhaouadi, sous-directrice de la production de viande à la Direction générale de la production agricole, avait indiqué le 4 septembre à la télévision nationale que le ministère envisageait, dans un premier temps, cette mesure afin d’assurer l’ajustement de la production pour les mois de novembre et décembre.
Il s’agit donc, à ce stade, d’une option envisagée par le ministère, et non de l’annonce d’une opération d’importation déjà réalisée.
Les pertes encore en cours de consolidation
Le GIPAC doit achever ce lundi le recensement des pertes enregistrées par les éleveurs à la suite des fortes chaleurs et des interruptions répétées de l’alimentation électrique.
Les données demandées portent notamment sur la mortalité, la baisse de production, les retards de croissance et, pour les élevages de reproducteurs, les éventuelles conséquences sur la fertilité. Elles doivent permettre au ministère de disposer d’une évaluation plus complète des différents maillons de la filière.
Les petits et moyens élevages semblent avoir été particulièrement exposés, notamment lorsqu’ils ne disposaient pas de groupes électrogènes permettant de maintenir la ventilation et le refroidissement pendant les coupures.
Dans certaines exploitations de Nabeul et de Zaghouan, la mortalité aurait atteint 100% du cheptel, selon les informations rapportées par la télévision nationale. Il s’agit toutefois de cas particuliers rapportés, et non d’un taux national consolidé.
Une pression attendue en septembre
Les conséquences des pertes se font déjà sentir sur l’approvisionnement en viandes blanches.
Selon Ibrahim Nefzaoui, président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, la production pourrait atteindre seulement 11.000 tonnes en septembre, contre 16.000 tonnes initialement prévues avant les épisodes de forte chaleur. Des perturbations de l’approvisionnement et une hausse des prix sont également signalées sur les marchés.
Le ministère table toutefois sur un retour progressif à un approvisionnement normal en octobre, selon Salwa Dhaouadi.
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