La vague de chaleur exceptionnelle qui a marqué la Tunisie durant les mois de juillet et août continue de produire ses effets sur le secteur avicole. Face aux pertes enregistrées dans plusieurs élevages, le ministère de l’Agriculture annonce une évaluation des dégâts qui pourrait déboucher sur des mesures d’ajustement de la production.
La responsable à la Direction générale de la production agricole, Salwa Dhaouadi, a indiqué jeudi à la Radio nationale que le ministère allait procéder, en coordination avec les différents intervenants du secteur, à une évaluation précise des pertes enregistrées afin de déterminer les mesures nécessaires pour « ajuster la production ».
Une production affectée par les fortes chaleurs
Selon la responsable, la production avicole a été affectée par plusieurs facteurs liés aux conditions climatiques extrêmes. Les pertes ne se limitent pas à la mortalité des volailles : les retards de croissance et la baisse de productivité ont également pesé sur la production, notamment dans la filière du poulet de chair.
La situation a été aggravée par les perturbations dans l’approvisionnement en électricité et en eau enregistrées durant l’été. Dans plusieurs élevages, notamment les exploitations petites et moyennes, les coupures ont perturbé le fonctionnement des systèmes de ventilation et de refroidissement, indispensables au maintien de conditions adaptées pour les volailles.
Des professionnels du secteur font ainsi état de cas d’étouffement et de mortalité de volailles dans certaines exploitations.
Les perturbations ont également touché, dans une moindre mesure, certaines unités d’abattage, selon Salwa Dhaouadi.
Pas encore une crise, selon les professionnels
Ces difficultés interviennent alors que les professionnels évoquent une baisse de la production mensuelle de volailles. La Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), avait toutefois estimé mercredi que cette baisse ne constituait pas, à ce stade, une véritable crise d’approvisionnement.
Le ministère semble donc privilégier pour l’instant une approche fondée sur l’évaluation des pertes et l’ajustement de la production, plutôt que sur le constat d’une pénurie généralisée.
Vers un soutien aux investissements dans les énergies renouvelables
Au-delà de la réponse immédiate aux pertes, le ministère entend tirer les enseignements de cet épisode climatique. Salwa Dhaouadi a souligné la nécessité d’adapter les exploitations aux changements climatiques et de renforcer leur capacité à faire face aux interruptions imprévues de l’alimentation électrique.
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L’investissement dans les énergies renouvelables, et notamment leur généralisation dans les exploitations avicoles, figure parmi les pistes avancées. Les systèmes de ventilation et de refroidissement sont considérés comme des équipements essentiels au fonctionnement des élevages.
Pour accompagner ces investissements, le ministère envisage plusieurs mécanismes, notamment des lignes de financement, des avantages fiscaux ou encore une révision de certaines facilités accordées aux professionnels.
Un accompagnement technique et sanitaire, en coordination avec les vétérinaires, est également envisagé.
Un secteur particulièrement vulnérable aux aléas climatiques
La situation met en évidence la vulnérabilité du secteur avicole tunisien face à la combinaison de deux risques : l’augmentation des températures et la fragilité des réseaux d’approvisionnement en eau et en électricité.
Dans les élevages intensifs, la ventilation et le refroidissement ne constituent pas de simples équipements de confort, mais des éléments indispensables à la survie et à la croissance des volailles durant les épisodes de forte chaleur.
L’épisode de cet été pourrait ainsi accélérer la réflexion sur la modernisation des exploitations et leur autonomie énergétique, alors que les épisodes de chaleur extrême sont appelés à devenir un défi récurrent pour l’agriculture tunisienne.
Pour l’heure, l’enjeu est de déterminer l’ampleur exacte des pertes et leur impact sur les volumes disponibles dans les prochains mois. C’est sur la base de cette évaluation que le ministère de l’Agriculture devrait définir les mesures d’ajustement de la production et les mécanismes de soutien au secteur.