La filière avicole tunisienne devrait connaître une amélioration progressive de sa situation à partir du mois d’octobre. C’est ce qu’a affirmé Fathi Gharib, vice-président du Groupement interprofessionnel des viandes blanches, qui se veut rassurant quant à l’évolution de la production de poulet et d’œufs.
Intervenant jeudi dans l’émission « Agromag », Fathi Gharib a écarté le scénario d’une crise durable de la production de poulet, estimant que le secteur devrait progressivement retrouver son rythme habituel dès le début du mois prochain.
Une production de poulet portée par la hausse de la demande
Selon le responsable professionnel, la production mensuelle de poulet se situait depuis plusieurs années autour de 12 500 tonnes. Elle a toutefois augmenté pour atteindre actuellement près de 15 000 tonnes par mois.
Cette progression s’explique notamment par l’évolution de la demande, dans un contexte marqué par la hausse des prix des viandes rouges et du poisson, qui a poussé davantage de consommateurs vers les viandes blanches.
La production d’œufs atteint, quant à elle, environ 163 millions d’unités par mois. Pour Fathi Gharib, ces niveaux de production ne justifient pas de craintes particulières concernant l’approvisionnement du marché, malgré les perturbations enregistrées récemment.
La canicule a lourdement affecté les élevages
La principale difficulté rencontrée par la filière ces derniers mois reste liée aux conditions climatiques exceptionnelles de l’été.
La forte hausse des températures, combinée aux coupures d’électricité et aux perturbations de l’approvisionnement en eau, a fortement affecté les élevages de volailles.
Fathi Gharib souligne que les élevages tunisiens disposent désormais de systèmes de ventilation électriques modernes répondant à des standards internationaux. Mais l’intensité de la vague de chaleur a néanmoins provoqué des pertes importantes.
Selon ses déclarations, le taux de mortalité aurait dépassé 25 % de la production nationale durant cette période.
Face à cette situation, certains éleveurs ont également été contraints d’utiliser des œufs destinés normalement à l’incubation afin de soutenir la production et de compenser temporairement les déficits enregistrés.
Une reprise attendue à partir d’octobre
Le responsable professionnel estime que la filière devrait progressivement retrouver son rythme normal dès octobre, à mesure que les conditions climatiques deviennent plus favorables.
La baisse de la production a par ailleurs coïncidé avec un recul de la demande, ce qui a contribué à limiter les tensions sur le marché. Mais cette situation n’a pas empêché les éleveurs d’enregistrer d’importantes pertes, notamment en raison de l’augmentation des coûts de production.
Selon Fathi Gharib, le coût de production du poulet atteint au minimum 4 400 millimes.
Lire ausssi : Poulet : Le prix plafond passe à 8,950 DT le kilo
Dans ce contexte, le prix du poulet prêt à cuire est passé de 8 500 à 8 950 millimes. Un niveau que le responsable professionnel juge « très acceptable » au regard des coûts supportés par les éleveurs.
Les professionnels réclament une révision des coûts
Pour sortir durablement des difficultés actuelles, Fathi Gharib appelle à l’organisation d’une réunion de travail entre les ministères de l’Agriculture et du Commerce.
L’objectif serait notamment de revoir la structure des coûts de production ainsi que les marges bénéficiaires, afin de garantir la continuité de l’activité des éleveurs tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.
Le vice-président du Groupement interprofessionnel des viandes blanches plaide également pour l’importation d’œufs à couver. Cette mesure pourrait, selon lui, contribuer à combler le déficit temporaire de production et à accélérer le rétablissement de l’équilibre de la filière.
Pourquoi le prix des œufs repart-il à la hausse ?
La récente remontée des prix des œufs, après une période d’abondance et de relative stabilité au mois de juillet, s’expliquerait principalement par les conséquences de la vague de chaleur sur la production.
Les températures élevées ont perturbé le rythme de production des poules pondeuses, contribuant ainsi aux tensions observées sur le marché.
Malgré ces difficultés, Fathi Gharib se veut rassurant : les volumes de production d’œufs restent, selon lui, suffisants et la filière avicole devrait progressivement retrouver son équilibre dans les prochaines semaines.