La station de dessalement d’eau de mer de Gargour, à Sfax, a été officiellement inaugurée ce jeudi 18 juin 2026 par le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh. Réalisée pour un coût de 1,18 milliard de dinars dans le cadre de la coopération tuniso-japonaise, cette infrastructure stratégique produit déjà 100.000 m³ d’eau potable par jour et contribue, selon la SONEDE, à améliorer l’approvisionnement en eau de près de 6 millions de Tunisiens.
La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Japon en Tunisie, Saito Jun, ainsi que de représentants de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), principal partenaire du projet.
Une station déjà opérationnelle depuis 2024
La première des quatre unités de la station de Gargour est entrée en service le 29 juillet 2024 avec une capacité initiale de 25.000 m³ par jour. Les autres unités ont ensuite été progressivement mises en exploitation jusqu’à atteindre la capacité nominale de 100.000 m³ par jour.
Selon Abdelhamid Manjah, président-directeur général de la SONEDE, la station fonctionne à plein régime depuis octobre 2024.
Son inauguration officielle intervient donc près de vingt mois après sa mise en service effective. Le projet a été financé grâce à un prêt de la JICA complété par une contribution du budget de l’État tunisien.
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Un impact qui dépasse le Grand Sfax
Selon la SONEDE, la station assure directement l’approvisionnement en eau potable d’environ 1,1 million d’habitants du Grand Sfax, une région qui dépendait jusque-là en grande partie des transferts d’eau provenant du nord du pays.
Son impact dépasse toutefois le seul gouvernorat de Sfax. En produisant localement 100.000 m³ d’eau par jour, Gargour réduit la pression sur les ressources auparavant mobilisées pour alimenter la région et contribue à améliorer l’approvisionnement dans d’autres zones du réseau national, notamment dans les régions du Sahel et du Cap Bon.
Selon des propos d’Abdelhamid Manjah, PDG de la SONEDE, rapportés par Mosaïque FM, l’impact global de la station concernerait près de six millions d’habitants, en tenant compte à la fois des bénéficiaires directs du Grand Sfax et des effets indirects sur le Sahel et le Cap Bon.
Le sud du gouvernorat de Sfax continue toutefois de faire face à des difficultés d’approvisionnement et reste principalement alimenté par le système de transfert provenant du centre-ouest du pays.
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Une extension à 250.000 m³ par jour prévue
La station a été conçue pour voir sa capacité portée à 250.000 m³ par jour. Cette extension figure dans le Plan de développement 2026-2030, mais sa réalisation dépend encore des études techniques et de la mobilisation des financements nécessaires.
Parallèlement, la SONEDE prépare plusieurs projets destinés à renforcer l’alimentation en eau du sud du gouvernorat de Sfax, notamment la construction de réservoirs, de stations de déferrisation et de nouvelles conduites.
Un projet de modernisation du réseau d’eau potable du Grand Sfax, financé par la Banque mondiale à hauteur de 208 millions de dollars, a également été approuvé.
Un maillon essentiel de la sécurité hydrique
L’inauguration de Gargour s’inscrit dans la stratégie nationale de dessalement engagée ces dernières années pour faire face à la raréfaction des ressources en eau. Après Djerba, Zarat et Sousse, la station de Sfax renforce les capacités nationales de production d’eau potable à partir de l’eau de mer et constitue désormais l’un des principaux maillons du dispositif tunisien de sécurité hydrique.
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