L’École nationale d’ingénieurs de Sousse lance un projet de coopération transfrontalière avec la Sicile italienne visant à renforcer la prévention des incendies de forêt grâce à l’intelligence artificielle et aux technologies de détection avancées.
Doté d’un budget global de 800 mille euros, ce projet réunit cinq partenaires stratégiques : l’École nationale d’ingénieurs de Sousse, chargée du pilotage, l’Institut supérieur agronomique de Chott Mariem, l’entreprise spécialisée en drones Robocare, ainsi que l’Université de Palerme et la société italienne Seeds.
Développer un système intelligent
L’objectif est de développer un système intelligent capable d’anticiper les départs de feu en temps réel. Le dispositif repose sur des algorithmes d’intelligence artificielle alimentés par une vaste base de données collectée en collaboration avec la Direction générale des forêts.
Ces algorithmes traiteront les informations transmises par un ensemble de technologies de surveillance comprenant des capteurs au sol, des drones, des caméras de haute précision et des images satellitaires.
Selon le chef du projet, Ali Douik, un premier site pilote sera installé dans la forêt de Dar Chichou, à El Haouaria. L’expérience devrait ensuite être étendue à d’autres zones sensibles, notamment à Sejnane.
Ces sites seront équipés de caméras thermiques infrarouges capables de détecter les incendies et les fumées à une distance allant de 5 à 10 kilomètres, avec la capacité de distinguer la fumée du brouillard, un enjeu crucial pour limiter les fausses alertes.
Des drones automatiquement déployés
Le système se distingue aussi par sa rapidité d’intervention. Dès qu’un incendie ou une fumée est détecté, des drones sont automatiquement déployés vers les coordonnées concernées afin de transmettre des images en direct aux centres de commandement, facilitant ainsi une intervention plus rapide des agents forestiers.
Au-delà de la protection de la couverture végétale, le projet vise à réduire les pertes humaines et environnementales, tout en préservant la biodiversité.
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Prévu sur une période de trois ans depuis avril 2025, ce programme ambitionne également de renforcer durablement les capacités tunisiennes dans la gestion des risques forestiers. À terme, l’ensemble des équipements, logiciels et algorithmes développés sera transféré à l’administration forestière tunisienne afin d’assurer la pérennité du dispositif.
Pour la coordinatrice du programme à l’Institut supérieur agronomique de Chott Mariem, Bouthaina Douh, l’enjeu dépasse largement la seule protection écologique. Elle rappelle que les forêts tunisiennes abritent aussi des populations vivant au cœur du tissu forestier, rendant la prévention des incendies essentielle pour sauver des vies.