Le gouvernement fixe ses nouvelles priorités économiques et sociales pour les cinq prochaines années. Auditionné ce mardi par les commissions permanentes de l’Assemblée des représentants du peuple, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a dévoilé les grandes orientations du Plan de développement 2026-2030, un document stratégique censé redessiner les équilibres du pays à moyen terme.
Au cœur de cette feuille de route figure un objectif social majeur : faire reculer le taux de pauvreté à moins de 15 %. Une ambition qui s’inscrit dans une approche que le ministre qualifie de « développement social juste et inclusif », dans un contexte marqué par la persistance des disparités sociales et territoriales.
Lors de cette séance d’audition conjointe devant les commissions parlementaires, Samir Abdelhafidh a indiqué que ce plan repose sur cinq grandes orientations structurantes, avec une priorité accordée au renforcement de la cohésion sociale, à la réduction des inégalités régionales et à l’amélioration de la qualité de vie.
Nécessité d’améliorer l’indice de développement humain
Le ministre a particulièrement insisté sur la nécessité d’améliorer l’indice de développement humain, estimant que cet objectif passe obligatoirement par un investissement renforcé dans l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Un signal fort dans un pays où la question de la qualité du système éducatif et de son adéquation avec le marché de l’emploi reste au centre des débats.
L’autre axe majeur du plan concerne le développement régional. Le gouvernement vise une hausse du taux national moyen de l’indice de développement régional pour atteindre six points à l’horizon 2030. Cet objectif traduit une volonté de réduire les écarts entre les régions côtières et l’intérieur du pays, longtemps pointés comme l’une des faiblesses structurelles du modèle tunisien.
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Au-delà du social, le plan quinquennal accorde également une place importante aux grands enjeux de souveraineté. Le ministre a souligné l’importance de consolider la sécurité énergétique, hydrique et alimentaire, trois dossiers devenus stratégiques face aux tensions internationales, aux effets du changement climatique et à la pression croissante sur les ressources naturelles.
Préserver un environnement sain
La dimension environnementale figure aussi parmi les piliers du plan, avec l’objectif de préserver un environnement sain et de mieux intégrer les impératifs écologiques dans les politiques publiques.
À travers ce nouveau plan, l’État tunisien cherche ainsi à articuler croissance économique, justice sociale et souveraineté stratégique, dans un contexte où les attentes restent élevées sur la capacité du pays à relancer durablement son développement.