bateau de pêche artisanal
La transition énergétique gagne le secteur de la pêche artisanale en Tunisie. Une première navigation opérationnelle d’une embarcation fonctionnant entièrement grâce à une propulsion électrique alimentée par l’énergie solaire a été réalisée, lundi 29 juin, à Ajim, sur l’île de Djerba. Cette expérimentation, portée par le WWF Afrique du Nord, ouvre la voie à une pêche plus durable et moins dépendante des carburants fossiles.
Une première nationale pour la pêche artisanale
Le WWF Afrique du Nord a annoncé la réussite de la première navigation opérationnelle en Tunisie d’un bateau de pêche artisanale équipé d’un système de propulsion électrique alimenté par l’énergie solaire.
Cette démonstration, organisée à Ajim, constitue la première application concrète de cette technologie dans le pays. Selon l’organisation, elle prouve qu’une alternative aux moteurs thermiques est désormais envisageable pour les communautés de pêcheurs, conciliant performance, durabilité et réduction de l’empreinte environnementale.
Au-delà de cette première nationale, l’initiative place la Tunisie parmi les pays pionniers du bassin méditerranéen dans le domaine de la décarbonisation de la pêche artisanale.
Pourquoi Ajim a été choisie
Le choix d’Ajim, sur l’île de Djerba, s’explique par le dynamisme de sa communauté de pêcheurs artisanaux, l’engagement des acteurs locaux en faveur de la transition énergétique ainsi que par des conditions d’ensoleillement particulièrement favorables à l’exploitation de l’énergie solaire.
L’expérimentation s’inscrit dans le projet « Décarbonisation de la pêche artisanale en Tunisie : Promotion de l’énergie propre pour des communautés côtières durables », financé par le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO) du Royaume-Uni.
Ce programme ambitionne d’accélérer l’utilisation des énergies propres dans la pêche artisanale, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, d’améliorer les conditions de vie des pêcheurs et de préserver les écosystèmes marins.
Huit embarcations équipées et plus de 100 pêcheurs formés
Mis en œuvre pendant douze mois dans le golfe de Gabès, le projet doit démontrer la viabilité technique et économique de cette technologie.
Il prévoit notamment l’équipement de huit embarcations de pêche artisanale avec des systèmes de propulsion électrique alimentés par l’énergie solaire ; la formation de plus de 100 pêcheurs et représentants d’institutions concernées ; la réalisation d’études techniques et économiques afin d’accompagner les futures politiques nationales de transition énergétique dans le secteur.
Le dispositif repose sur un moteur électrique adapté à la navigation côtière, une batterie rechargeable assurant l’autonomie des sorties en mer et une station de recharge alimentée par des panneaux photovoltaïques.
Deux stations de recharge seront installées au profit des Groupements de développement de la pêche à Ghannouch (gouvernorat de Gabès) et à Ajim (gouvernorat de Médenine).
Réduire les coûts et préserver le milieu marin
Selon le WWF Afrique du Nord, cette technologie devrait permettre aux pêcheurs de réduire leurs dépenses en carburant tout en limitant les risques de pollution liés aux hydrocarbures.
Parmi les bénéfices attendus figurent également une baisse des émissions de dioxyde de carbone (CO₂), une réduction de la pollution sonore des moteurs thermiques, une amélioration de la qualité de l’air dans les zones côtières et un renforcement de la résilience économique des communautés de pêcheurs.
L’objectif est enfin de faire de cette expérimentation un modèle reproductible dans d’autres régions tunisiennes ainsi que dans plusieurs pays du bassin méditerranéen.
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