La Tunisie s’oriente vers une refonte en profondeur de son système de service national, avec une approche qui rompt progressivement avec la logique purement obligatoire au profit d’un modèle davantage fondé sur l’incitation, l’intégration professionnelle et la valorisation des compétences.
Le ministère de la Défense nationale a annoncé avoir atteint un stade avancé dans la préparation d’un projet de loi visant à réviser le dispositif actuel. L’objectif affiché est clair : rendre le service national plus attractif et mieux adapté aux réalités sociales et professionnelles de la jeunesse tunisienne.
Plusieurs pistes de réforme
Dans une réponse écrite adressée à l’Assemblée des représentants du peuple, en réponse à une question de la députée Fatma Mseddi, le ministère détaille plusieurs pistes de réforme qui traduisent une nouvelle orientation de l’État sur ce dossier sensible.
Parmi les principales mesures envisagées figurent une augmentation de l’allocation versée aux conscrits, un élargissement des opportunités de formation professionnelle ainsi que l’octroi de points bonifiés ou de priorités lors des concours de recrutement dans la fonction publique.
Ce changement de cap traduit une volonté de repositionner le service national non plus uniquement comme une obligation légale, mais comme un levier d’insertion et de qualification. Une orientation qui vise à répondre à une réalité persistante : le désintérêt croissant des jeunes pour cette obligation.
Evaluation approfondie de la loi encadrant le service national
Le ministère indique d’ailleurs qu’une évaluation approfondie de la loi encadrant le service national, en vigueur depuis 2004, est en cours. Cette révision inclut la possibilité de raccourcir la durée du service obligatoire. Parmi les scénarios étudiés figure un format plus court et plus intensif, centré sur la citoyenneté, l’appartenance nationale et l’acquisition de compétences utiles aux besoins de la défense.
Cette piste n’est pas nouvelle. Une étude scientifique réalisée en 2017 avait déjà conclu que la durée actuelle constitue l’un des principaux facteurs de réticence chez les jeunes.
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Au-delà de la durée, le ministère travaille également sur une meilleure exploitation des statistiques relatives aux personnes concernées par le service national, aux défaillants ainsi qu’aux dossiers traités par la justice militaire. Ces données doivent alimenter les futurs ajustements législatifs, notamment dans le cadre des exemptions exceptionnelles introduites par la loi de 2024.
Avec cette réforme, la Tunisie semble chercher un nouvel équilibre entre impératif de défense, équité dans l’accomplissement du devoir national et adaptation aux attentes d’une jeunesse en quête de perspectives concrètes d’emploi et de formation.