La monétique tunisienne poursuit sa progression au premier semestre 2026, portée par l’augmentation du nombre de cartes bancaires et, surtout, par leur utilisation croissante pour effectuer des paiements. Avec plus de 85 millions d’opérations enregistrées et une hausse de près de 10 % des transactions, un changement se dessine : la carte bancaire commence progressivement à sortir de son rôle traditionnel de simple outil de retrait d’espèces.
Plus de six millions de cartes en circulation
À la fin du premier semestre 2026, le parc de cartes bancaires en Tunisie a atteint 6,151 millions d’unités, en hausse de 5,1 % par rapport à la fin de l’année 2025.
Parallèlement, les infrastructures destinées au retrait et à l’utilisation des cartes continuent de se développer. Le pays compte désormais 3 427 distributeurs et guichets automatiques bancaires, soit une progression de 3,8 %.
Mais derrière cette croissance des équipements et du nombre de cartes, c’est surtout l’évolution des habitudes de paiement qui constitue le principal enseignement.
Plus de 85 millions d’opérations en six mois
Au cours du premier semestre 2026, l’activité monétique a totalisé 85,4 millions d’opérations, contre 77,7 millions durant la même période de 2025, soit une progression de 9,8 %.
En valeur, ces transactions ont représenté 15,425 milliards de dinars, en hausse de 11,2 % sur un an.
La monétique tunisienne continue ainsi de gagner du terrain, mais la transformation ne se limite plus à l’augmentation mécanique du nombre de cartes ou de transactions.
Les paiements progressent face aux retraits
Le changement le plus significatif concerne la structure même des opérations.
Les paiements par carte représentent désormais 42 % du nombre total des opérations monétiques, contre 38 % au premier semestre 2025.
En valeur, leur part est passée de 23 % à 25 % en un an.
Autrement dit, les Tunisiens utilisent davantage leurs cartes pour payer directement leurs achats, et non plus uniquement pour retirer de l’argent liquide avant de régler leurs dépenses en espèces.
La tendance reste progressive : les retraits conservent encore une place importante dans les usages. Mais les chiffres montrent que la frontière commence à bouger.
La carte bancaire change progressivement de rôle
Pendant longtemps, la carte bancaire a surtout été associée en Tunisie aux distributeurs automatiques. Son principal usage consistait à accéder au cash.
Les données du premier semestre 2026 suggèrent toutefois une évolution. La carte s’installe progressivement comme un véritable moyen de paiement dans les usages quotidiens.
Cette transformation repose sur plusieurs facteurs : l’augmentation du nombre de détenteurs de cartes, le développement des terminaux et des solutions de paiement, mais aussi une évolution progressive des habitudes des consommateurs et des commerçants.
La progression des paiements ne signifie pas pour autant que la Tunisie a tourné la page du cash.
Le fait que les paiements représentent 42 % des opérations monétiques montre aussi que les retraits d’espèces demeurent majoritaires. En valeur, les paiements ne représentent encore qu’un quart environ de l’activité monétique.
Mais la tendance est désormais visible. En un an, la part des paiements a progressé à la fois en nombre et en valeur. Le signal essentiel se trouve là : la carte bancaire commence à gagner du terrain comme outil de paiement, et non plus seulement comme moyen d’accéder aux espèces.
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