La baisse du taux d’inflation en Tunisie ne semble pas encore se traduire par un allègement concret du quotidien des ménages. Alors que les chiffres officiels font état d’un ralentissement de la hausse générale des prix, les consommateurs continuent de constater des augmentations sur plusieurs produits de base, notamment les viandes de volaille et certains médicaments.
Le président de l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur, Lotfi Riahi, a estimé jeudi que le recul statistique de l’inflation, ramenée à 5,1%, ne reflète pas pleinement la réalité vécue par les citoyens. Selon lui, plusieurs secteurs enregistrent encore des hausses importantes qui continuent de peser sur le pouvoir d’achat.
Evolution des prix de la volaille
Invité sur Jawhara FM, Lotfi Riahi a notamment cité l’évolution des prix de la volaille, qui ont connu une augmentation notable ces dernières semaines. Il a également évoqué des hausses jugées « soudaines et non annoncées » sur certains produits de consommation courante, comme les shampoings ou le thon.
La pression se fait également sentir sur le marché des médicaments. Le responsable de l’organisation a affirmé que certains médicaments importés dont le prix est inférieur à 5 000 dinars auraient enregistré des augmentations comprises entre 30% et 60%. Des hausses qui affectent particulièrement les patients ayant besoin de traitements réguliers et indispensables.
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Pour l’Organisation de défense du consommateur, la problématique actuelle ne réside donc pas uniquement dans l’évolution globale de l’inflation, mais dans la structure des dépenses des ménages. Les produits les plus fréquemment achetés ou nécessaires au quotidien continuent d’avoir un impact direct sur le budget familial.
L’eau minérale : une crise de distribution plus que de production
Concernant la pénurie d’eau minérale observée dans plusieurs régions, Lotfi Riahi a écarté l’hypothèse d’un problème lié aux ressources disponibles ou aux capacités nationales de production. Il a plutôt pointé une perturbation de la chaîne d’approvisionnement.
Selon lui, les difficultés seraient liées à plusieurs facteurs combinés : les problèmes rencontrés dans la fabrication des bouteilles en plastique, les coupures d’électricité, la hausse de la demande durant la période estivale ainsi que la baisse de confiance d’une partie des citoyens envers l’eau du robinet.
Le responsable a estimé que la perception d’une crise généralisée a contribué à accentuer les tensions, certaines familles ayant augmenté leurs stocks, ce qui a renforcé la pression sur le marché.
Aucune hausse officielle des prix de l’eau minérale
Il a par ailleurs assuré qu’aucune hausse officielle des prix de l’eau minérale n’avait été décidée. Les augmentations observées dans certains points de vente seraient, selon lui, liées notamment à la multiplication des intermédiaires et à des pratiques commerciales non conformes, avec des écarts pouvant atteindre entre 100 et 200 millimes par bouteille.
Face à cette situation, l’Organisation tunisienne d’orientation du consommateur appelle à un meilleur encadrement des marges bénéficiaires afin de limiter les effets sur le pouvoir d’achat. Lotfi Riahi prévoit toutefois un retour progressif à la normale de l’approvisionnement en eau minérale dans les prochains jours.