La Tunisie a produit davantage d’électricité au cours des sept premiers mois de 2026, mais cette progression masque une équation énergétique toujours fragile. La production nationale a augmenté de 6%, à 12.333 GWh, tandis que les énergies renouvelables ont progressé beaucoup plus rapidement, avec une hausse de 61%. Malgré cette accélération, le gaz naturel reste largement dominant dans le mix électrique.
Le solaire accélère
La part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité a atteint 9% à fin juillet, contre une part nettement plus élevée pour le gaz naturel, qui représente encore 90,8% de la production.
Cette progression des renouvelables est notamment portée par le développement des projets solaires, en particulier ceux destinés à l’autoconsommation et à la production indépendante.
Les installations photovoltaïques atteignent désormais environ 515 MW dans le secteur résidentiel raccordé au réseau basse tension, auxquels s’ajoutent 130 MW dans les secteurs industriel, tertiaire et agricole, raccordés aux réseaux moyenne et haute tension.
La production des projets solaires indépendants illustre cette accélération : elle est passée de 39 GWh durant les sept premiers mois de 2025 à 359 GWh sur la même période de 2026. Cette progression s’explique notamment par l’entrée en exploitation de nouvelles centrales, dont celle de Kairouan, d’une capacité de 100 MW, en décembre 2025, puis celles de Sidi Bouzid et de Tozeur, de 50 MW chacune, en avril 2026.
Une demande toujours soutenue
La consommation d’électricité continue toutefois de peser sur le système. La pointe de demande enregistrée en juillet a atteint 4924 MW, soit une hausse de 2% par rapport aux 4837 MW enregistrés un an auparavant.
Dans le même temps, la consommation spécifique des centrales électriques s’est améliorée de 3%, atteignant 206 tonnes équivalent pétrole par GWh. La STEG a assuré 91% de la production nationale, tandis que les importations d’électricité ont reculé de 2% et ont couvert environ 10% des besoins du marché local.
Les ventes d’électricité ont, pour leur part, progressé de 1%, à 9455 GWh. Le secteur industriel représente 58% des ventes d’électricité à moyenne et haute tension.
Le déficit énergétique se creuse
L’accélération des renouvelables ne suffit toutefois pas à réduire la dépendance énergétique du pays. La production nationale d’hydrocarbures a continué de reculer sur les sept premiers mois de l’année.
La production de pétrole brut a diminué de 11%, à environ 0,78 million de tonnes équivalent pétrole, tandis que la production de gaz naturel a baissé de 14%, à environ 0,84 million de tonnes équivalent pétrole.
Dans ce contexte, le déficit commercial énergétique s’est aggravé de 8%, alors que le taux d’indépendance énergétique est passé de 46% à 42% en un an.
Le secteur électrique tunisien avance donc sur deux trajectoires simultanées : le solaire gagne rapidement du terrain, mais le système reste très fortement dépendant du gaz naturel et des ressources énergétiques importées.