La situation énergétique de la Tunisie continue de se dégrader malgré la progression des énergies renouvelables. À fin juillet 2026, le déficit du bilan d’énergie primaire a atteint 3,8 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), en hausse de 9 % sur un an, selon le rapport sur la conjoncture énergétique de l’Observatoire national de l’énergie et des mines.
L’indépendance énergétique recule
Le taux d’indépendance énergétique s’est établi à 34% à fin juillet 2026, contre 37% un an auparavant. Cet indicateur tient compte de la redevance perçue au titre du transit du gaz algérien.
Sans cette redevance, le taux d’indépendance énergétique aurait été limité à 27%, contre 28% à fin juillet 2025. La différence illustre le poids de cette recette dans le bilan énergétique national.
Les ressources d’énergie primaire ont, pour leur part, diminué de 6%, pour s’établir à 1,9 Mtep. L’Observatoire attribue principalement cette baisse au recul de la production nationale de pétrole brut et de GPL.
Le pétrole et le gaz restent dominants
Malgré la progression des renouvelables, la structure des ressources énergétiques demeure largement dominée par les hydrocarbures. La production nationale de pétrole et de gaz représente à elle seule 71% des ressources d’énergie primaire.
La contribution de l’électricité produite à partir des sources renouvelables reste limitée à 5% des ressources primaires, même si sa production a progressé de 61 % au cours des sept premiers mois de l’année.
Cette progression ne suffit donc pas encore à modifier profondément la structure globale du bilan énergétique tunisien.
Une demande qui continue de progresser
La demande d’énergie primaire a augmenté de 3% entre fin juillet 2025 et fin juillet 2026. Cette évolution est principalement portée par les produits pétroliers, dont la demande a progressé de 6%, tandis que celle du gaz naturel est restée quasiment stable.
La structure de la demande s’est légèrement modifiée. La part des produits pétroliers est passée de 48% à 49%, alors que celle du gaz naturel a reculé de 51% à 49%. Dans le même temps, l’électricité primaire a doublé sa contribution, de 1% à 2%.
Le transit gazier rapporte moins
Autre élément du bilan : la redevance sur le transit du gaz algérien a diminué de 21% sur un an à fin juillet.
La Tunisie fait ainsi face à une équation énergétique toujours tendue : des ressources nationales en recul, une demande en hausse et un déficit primaire qui se creuse, tandis que les énergies renouvelables progressent encore à partir d’une base limitée.
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