La Tunisie fait face à une pression croissante sur son réseau électrique. Alors que les températures élevées font exploser la demande en électricité, le président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Maher Ktari, a estimé que le pays accuse un déficit de production d’environ 1.500 mégawatts (MW) aux heures de forte consommation.
Invité ce mardi sur Jawhara FM, le député a indiqué que la consommation électrique atteint désormais près de 6.000 MW lors des pics estivaux, alors que la capacité de production nationale de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) ne dépasse pas 4.500 MW. Cet écart de 1.500 MW constitue, selon lui, le principal défi énergétique auquel le pays est confronté.
La STEG a déjà annoncé des interruptions
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions sur le réseau électrique tunisien. Ces derniers jours, la STEG a déjà annoncé des interruptions programmées de l’alimentation électrique dans plusieurs régions afin de réaliser des interventions techniques, tandis que les autorités ont multiplié les appels à rationaliser la consommation durant les heures de pointe. La vague de chaleur exceptionnelle enregistrée cet été a également poussé la demande à des niveaux records.
Un déficit lié au manque de planification
Selon Maher Ktari, cette situation est le résultat d’un déficit de planification et du retard pris dans plusieurs projets structurants.
Il a notamment évoqué l’abandon, en 2018, du projet de centrale électrique de Skhira, qui devait renforcer significativement les capacités nationales de production, au profit d’une orientation vers le développement de l’énergie photovoltaïque. Toutefois, plusieurs projets solaires ont, selon lui, connu des retards ou des difficultés de réalisation.
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Le député a également rappelé qu’une nouvelle centrale thermique ne peut être construite en quelques mois, précisant qu’un tel projet nécessite généralement entre deux et trois ans avant sa mise en service.
Les investissements dans le solaire confrontés à plusieurs obstacles
Maher Ktari estime que le développement des énergies renouvelables demeure indispensable, mais se heurte aujourd’hui à plusieurs contraintes.
Il cite notamment les difficultés de financement des projets, le niveau élevé des taux d’intérêt ainsi que les obstacles rencontrés par les investisseurs. Il appelle ainsi à la mise en place de conditions de financement préférentielles afin d’encourager les investissements dans le secteur.
Le président de la Commission des finances a toutefois souligné l’avancement du chantier de la centrale photovoltaïque de Kairouan, d’une capacité de 100 MW, réalisé par des compétences tunisiennes et dont le taux d’exécution dépasserait désormais 40 %.
Des centrales électriques flottantes comme solution temporaire
Face à l’urgence, Maher Ktari propose une solution déjà utilisée dans plusieurs pays : le recours à des navires-centrales capables de produire de l’électricité.
Selon lui, la location de centrales flottantes pouvant fournir jusqu’à 400 MW permettrait de réduire temporairement le déficit de production et de sécuriser l’alimentation électrique durant les périodes de forte consommation, en attendant la mise en service de nouvelles infrastructures.
Cette proposition intervient alors que la question de la sécurité énergétique est devenue l’un des principaux défis économiques du pays. La hausse continue de la demande, le vieillissement d’une partie des infrastructures de production et les retards enregistrés dans plusieurs projets énergétiques accentuent la pression sur la STEG, qui cherche parallèlement à accélérer le développement des énergies renouvelables pour diversifier le mix énergétique tunisien.