Le photovoltaïque poursuit sa progression en Tunisie. À fin juin 2026, le parc résidentiel et professionnel atteint environ 630 MW, tandis que les énergies renouvelables représentent 9,2% de la production électrique. Mais cette montée en puissance ne suffit pas encore à réduire la dépendance du pays aux achats extérieurs d’électricité, qui couvrent désormais 10% des besoins, principalement grâce aux importations en provenance d’Algérie.
Le solaire gagne du terrain
La transition énergétique tunisienne continue de se matérialiser sur le terrain. Le parc photovoltaïque installé dans les secteurs résidentiel et professionnel atteint désormais environ 630 MW, confirmant l’essor d’une production électrique de plus en plus décentralisée.
Cette progression contribue à renforcer la place des énergies renouvelables dans le mix électrique national. À fin juin, leur part atteint 9,2% de la production, un niveau qui témoigne de la montée en puissance du solaire dans un pays qui cherche à diversifier ses sources d’énergie.
Mais derrière cette évolution positive se dessine un paradoxe.
Les importations d’électricité progressent aussi
Alors que la capacité photovoltaïque augmente, la Tunisie reste confrontée à une forte pression sur son équilibre électrique. Les achats extérieurs couvrent désormais 10% des besoins du pays, contre 9% à fin mai.
Ces importations proviennent principalement de l’Algérie et permettent de soutenir l’approvisionnement du réseau lorsque la production nationale ne suffit pas à répondre à la demande.
Le constat mérite d’être souligné : la progression du solaire ne s’accompagne donc pas encore d’une réduction mécanique de la dépendance électrique extérieure.
Cela ne signifie pas que les 630 MW installés soient sans effet. Ils permettent de produire davantage d’électricité renouvelable et peuvent réduire le recours aux moyens conventionnels pendant les périodes de production solaire. Mais leur contribution reste dépendante du moment où cette électricité est disponible.
Produire de l’électricité ne suffit plus
C’est là que se trouve l’un des principaux défis de la transition énergétique tunisienne. Les panneaux photovoltaïques produisent essentiellement pendant la journée, alors que la demande peut rester élevée, notamment lors des épisodes de forte chaleur et des pics de consommation liés à la climatisation.
Le problème n’est donc plus uniquement de produire davantage d’électricité, mais de pouvoir disposer de cette énergie au moment où le réseau en a besoin.
Le stockage devient, dans ce contexte, un enjeu central. Sans capacités suffisantes pour conserver une partie de l’électricité produite durant les heures d’ensoleillement et la restituer plus tard, l’augmentation du parc solaire ne peut pas, à elle seule, garantir l’équilibre du réseau.
Le véritable défi : transformer les mégawatts en sécurité énergétique
Les chiffres de juin illustrent ainsi les limites actuelles de la transition électrique tunisienne. Le solaire progresse, mais la dépendance extérieure persiste, voire augmente à court terme.
La prochaine étape ne consistera donc pas seulement à multiplier les installations photovoltaïques. Elle devra également porter sur le stockage, la modernisation du réseau et la capacité à mieux faire coïncider production renouvelable et consommation.
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