Aucune université tunisienne ne figure dans le classement général ARWU 2026 de Shanghai, publié le 15 août. Une absence qui marque un recul par rapport à 2024, lorsque l’Université de Tunis El Manar apparaissait encore dans la tranche 901-1000, tandis que le Maroc conserve, lui, une présence dans ce palmarès mondial dominé par les grandes puissances de la recherche.
De Tunis El Manar à une absence totale
Le constat est difficile à ignorer. En 2024, Université de Tunis El Manar figurait encore dans la tranche 901-1000 du classement académique des universités mondiales, plus connu sous le nom de classement de Shanghai.
Deux ans plus tard, la Tunisie ne compte plus aucun établissement parmi les 1000 universités publiées par l’ARWU 2026. L’Algérie est également absente, tandis que le Maroc demeure le seul pays du Maghreb représenté dans cette édition du classement général.
Cette disparition ne signifie évidemment pas que les universités tunisiennes ont cessé de produire de la recherche ou qu’elles sont absentes de tous les classements internationaux. Elle traduit cependant un décrochage dans un indicateur mondial particulièrement exigeant, fondé avant tout sur la puissance et la visibilité de la recherche scientifique.
Le Maroc reste dans la course, la Tunisie décroche
Au-delà du simple palmarès, la comparaison entre les deux voisins du Maghreb interroge.
Le Maroc conserve une université dans le Top 1000 mondial, là où la Tunisie, qui pouvait encore compter sur Tunis El Manar il y a deux ans, disparaît désormais entièrement du classement général.
L’écart est d’autant plus significatif que la présence dans l’ARWU ne dépend pas de la réputation générale d’une université ni de la seule qualité de son enseignement. Le classement mesure essentiellement sa capacité à produire une recherche scientifique reconnue et visible à l’échelle internationale.
Autrement dit, le problème dépasse la symbolique d’un rang perdu ou gagné : il renvoie à la capacité des universités tunisiennes à transformer leur potentiel scientifique en publications, en chercheurs hautement cités et en résultats suffisamment visibles pour franchir le seuil des 1000 établissements retenus.
Un classement taillé pour mesurer la recherche
L’Academic Ranking of World Universities s’appuie sur six indicateurs, parmi lesquels le nombre de prix Nobel et de médailles Fields liés à l’établissement, les chercheurs les plus cités, les publications dans Nature et Science, ainsi que les articles indexés dans les grandes bases bibliométriques internationales.
Chaque année, plus de 2500 universités sont évaluées, mais seules les 1000 premières sont publiées dans le classement général.
Cette méthodologie explique aussi pourquoi l’ARWU ne doit pas être interprété comme un classement absolu de la « meilleure université » au sens large. Il privilégie clairement la performance scientifique et la production de recherche internationale.
La disparition de la Tunisie du Top 1000 constitue donc avant tout un signal sur sa visibilité dans ce domaine précis.
Une précision est essentielle pour éviter toute confusion : l’absence de la Tunisie du Top 1000 général ne signifie pas l’absence totale de ses universités des classements de Shanghai.
ShanghaiRanking publie également un Global Ranking of Academic Subjects, consacré à 57 disciplines couvrant notamment les sciences naturelles, l’ingénierie, les sciences médicales et les sciences sociales.