Le gouvernement mise sur un vaste programme d’infrastructures routières pour la période 2026-2030 afin de réduire les disparités régionales et renforcer l’intégration économique entre les régions côtières et l’intérieur du pays.
Selon le document des politiques de développement du projet de plan quinquennal, la stratégie repose sur le développement du réseau routier, autoroutier et des pistes rurales, avec pour objectif de fluidifier les déplacements, faciliter l’accès aux services essentiels et stimuler l’investissement dans les zones les moins développées.
Au cœur de cette feuille de route figure l’achèvement du réseau autoroutier national, notamment l’autoroute Tunis-Jelma, considérée comme l’un des projets structurants les plus importants pour relier le centre et le sud-ouest du pays à la capitale.
Un taux d’avancement de 34 %
Le chantier du premier tronçon, long de 188 kilomètres entre Tunis et Jelma, affiche un taux d’avancement de 34 %. Certaines sections devraient être livrées dès 2027. Cette infrastructure comprend neuf échangeurs, 78 passages inférieurs et supérieurs, 14 grands ouvrages hydrauliques ainsi que quatre aires de repos.
Le plan prévoit également le lancement du tronçon restant de l’autoroute maghrébine entre Bousalem et la frontière algérienne sur 75 kilomètres. Ce projet vise à renforcer la connectivité du nord-ouest tunisien, tout en soutenant les échanges commerciaux et touristiques avec l’Algérie.
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Autre axe majeur : le raccordement du Kef au réseau autoroutier via une liaison de 115 kilomètres traversant Béja et Siliana. Ce projet est présenté comme un levier pour attirer les investisseurs vers les gouvernorats du nord-ouest et renforcer leur insertion dans l’économie nationale.
154 kilomètres de nouvelles autoroutes
Le programme 2026-2030 prévoit aussi 154 kilomètres de nouvelles autoroutes dans plusieurs gouvernorats intérieurs, 196 kilomètres de voies rapides dans le sud et le centre-ouest, ainsi que 378,5 kilomètres de routes structurantes dans cinq gouvernorats.
Parallèlement, l’État prévoit la réhabilitation de 1 000 kilomètres de routes nationales, le renforcement de 1 500 kilomètres supplémentaires, ainsi que l’aménagement de 1 500 kilomètres de pistes rurales dans 23 gouvernorats. Quelque 700 kilomètres de pistes rurales supplémentaires seront également modernisés, avec la construction de 70 ouvrages hydrauliques.
Le document met aussi l’accent sur la maintenance du réseau existant, avec un budget annuel de 185 millions de dinars pour l’entretien des routes nationales et 85 millions de dinars pour les pistes rurales.
Le plan comprend par ailleurs plusieurs « corridors économiques » stratégiques. Parmi eux, la route nationale 13 entre Kasserine et Sfax sur 181 kilomètres, destinée à rapprocher les régions intérieures des pôles industriels et portuaires du littoral.
Kasserine, Gafsa, Gabès, Tozeur et Kébili
Un autre corridor majeur reliera Kasserine, Gafsa, Gabès, Tozeur et Kébili sur près de 480 kilomètres via les routes nationales 15, 16 et 3. L’objectif affiché est de faciliter les échanges entre les régions du sud-ouest et les frontières algérienne et libyenne.
À travers cette nouvelle carte des infrastructures, l’État veut transformer la route en outil de cohésion territoriale, dans un pays où les fractures régionales restent l’un des principaux défis du développement depuis plus d’une décennie.