La ville de Monastir s’engage à son tour dans la généralisation de la vidéosurveillance urbaine intelligente, un modèle déjà adopté par plusieurs municipalités dans le monde et en Tunisie, dans le cadre de stratégies dites de “ville sûre” ou “ville intelligente”.
Le projet, présenté lors d’une séance de travail tenue sous la supervision du gouverneur de Monastir, vise à déployer un réseau de caméras de surveillance aux entrées de la ville et à ses principaux carrefours. L’objectif affiché est de renforcer la sécurité urbaine et de moderniser les dispositifs de prévention, en intégrant des technologies d’analyse automatique des images et de reconnaissance des plaques d’immatriculation.
Emplacements prioritaires pour l’installation
Les autorités locales et les services sécuritaires ont également discuté des emplacements prioritaires pour l’installation de ces équipements, en insistant sur la nécessité d’une couverture jugée stratégique des points sensibles. Le projet prévoit par ailleurs une infrastructure technique reposant sur la fibre optique, des réseaux de communication dédiés et des systèmes de cybersécurité censés protéger la plateforme contre les intrusions et les failles informatiques.
Sur le papier, Monastir rejoint ainsi une dynamique déjà observée dans plusieurs villes qui ont misé sur la vidéosurveillance intelligente comme outil de gestion urbaine et de sécurité publique. Mais cette généralisation soulève une question récurrente : celle de l’efficacité réelle de ces dispositifs.
Dans de nombreux contextes internationaux, les caméras sont présentées comme un outil d’aide à la décision pour les forces de sécurité, sans pour autant constituer un levier autonome de réduction de la criminalité. Leur impact dépend fortement de la qualité de l’intégration avec les services opérationnels, des ressources humaines disponibles pour analyser les flux, et de la réactivité des interventions sur le terrain.
Des enjeux techniques et structurels
À cela s’ajoutent des enjeux techniques et structurels souvent sous-estimés, notamment la maintenance des équipements, la fiabilité des réseaux, et surtout la sécurité des données collectées. Les systèmes dits “intelligents”, capables d’analyse automatique, ouvrent également des débats sur les risques d’erreurs d’identification et sur la protection de la vie privée.
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À Monastir comme ailleurs, la question centrale reste donc moins l’installation des caméras que leur capacité réelle à transformer la sécurité urbaine au quotidien. Entre promesse technologique et limites opérationnelles, ces projets de “ville intelligente” continuent de naviguer entre efficacité attendue et résultats encore difficiles à mesurer.