La Tunisie a honoré une nouvelle échéance majeure de sa dette extérieure. La Banque centrale de Tunisie (BCT) a confirmé que l’État a procédé, en juillet 2026, au remboursement d’un emprunt obligataire international d’un montant de 700 millions d’euros, arrivé à échéance dans les délais prévus.
À la suite de cette opération, les avoirs nets en devises se sont établis à 23,4 milliards de dinars, représentant une couverture de 92 jours d’importation au 28 juillet 2026, selon les données communiquées par l’institution d’émission.
Ce remboursement était largement anticipé. Quelques semaines auparavant, des analystes avaient indiqué que cette échéance concernait un emprunt contracté sur les marchés internationaux en 2019 et que son remboursement constituait une étape importante dans la gestion de la dette extérieure tunisienne.
Un remboursement préparé depuis plusieurs mois
L’échéance de 700 millions d’euros figurait parmi les principales sorties en devises prévues pour l’année 2026. Avant son règlement, les réserves de change tunisiennes s’élevaient à environ 24,5 milliards de dinars, soit 97 jours d’importation au début du mois de juillet.
Le paiement a entraîné une baisse mécanique des réserves en devises. Selon des données publiées après l’opération, les avoirs extérieurs ont diminué d’environ 2,5 milliards de dinars, faisant passer la couverture des importations de 101 à 92 jours. Cette évolution est principalement liée au règlement du principal de l’emprunt et des charges associées.
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Pour la Banque centrale, cette opération démontre toutefois la capacité de la Tunisie à respecter ses engagements financiers internationaux, malgré un contexte marqué par des pressions importantes sur les équilibres extérieurs.
La dette extérieure au centre des enjeux économiques
Le remboursement de cet emprunt intervient dans une période où la Tunisie cherche à réduire sa dépendance aux financements extérieurs et à préserver ses réserves en devises. La Banque centrale insiste désormais sur plusieurs priorités : renforcer les entrées de devises, réduire durablement le déficit énergétique et mobiliser des ressources extérieures dans des conditions favorables.
La question énergétique constitue notamment un facteur déterminant pour les finances extérieures du pays. La facture énergétique représente une importante sortie de devises, notamment en raison des importations d’hydrocarbures, ce qui explique l’accent mis par les autorités monétaires sur la nécessité d’une réduction structurelle du déficit énergétique.
La Tunisie continue également de compter sur ses principales sources de devises, notamment les recettes touristiques, les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger et les exportations. Au 3 juillet 2026, les transferts des Tunisiens à l’étranger avaient atteint 4,4 milliards de dinars, tandis que les recettes touristiques s’établissaient à 3,35 milliards de dinars à fin juin.
Pas de nouvelle annonce sur un emprunt international similaire
Contrairement aux années précédentes, aucune annonce officielle récente ne fait état d’une nouvelle émission obligataire internationale comparable à celle remboursée en juillet 2026. La stratégie affichée semble davantage orientée vers la gestion des engagements existants, l’amélioration des ressources propres en devises et la recherche de financements extérieurs dans des conditions jugées soutenables.
La Tunisie dispose encore d’un historique d’émissions sur les marchés financiers internationaux, suivies par le ministère des Finances dans le cadre de la gestion de la dette publique extérieure.
Si le remboursement de cette échéance constitue un signal positif sur la capacité du pays à honorer ses engagements, le maintien d’un niveau confortable de réserves demeure un défi majeur, dans un contexte où les besoins en devises restent élevés et où l’économie tunisienne doit financer ses importations tout en maîtrisant ses équilibres financiers.