L’agence de notation Moody’s a confirmé la note souveraine de la Tunisie à l’issue de son examen périodique, estimant que les besoins de financement extérieur du pays sont désormais mieux maîtrisés grâce à la stabilité des réserves de change. Si cette décision traduit une résilience accrue sur le plan extérieur, elle s’accompagne d’un constat inchangé sur les faiblesses structurelles de l’économie tunisienne, notamment l’endettement public élevé et les contraintes budgétaires.
Des besoins de financement extérieur mieux couverts
Moody’s considère que la Tunisie a amélioré sa position extérieure au cours des dernières années. Malgré d’importants remboursements d’euro-obligations et une hausse de 38 % des importations énergétiques sur les cinq premiers mois de 2026, les réserves en devises sont restées stables, couvrant environ 3,3 mois d’importations à fin juin.
L’agence souligne que cette résilience s’explique par la progression des exportations agricoles, l’augmentation continue des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ainsi que par une hausse de 14 % des investissements directs étrangers au premier trimestre 2026. Elle estime également que le remboursement du dernier eurobond majeur en juillet améliore le profil d’échéance de la dette extérieure.
Des fragilités budgétaires toujours présentes
Malgré ces évolutions favorables, Moody’s juge que le profil de crédit de la Tunisie reste limité par plusieurs facteurs structurels. L’agence pointe notamment un niveau d’endettement public élevé, des marges de manœuvre budgétaires réduites, une croissance économique freinée par des contraintes structurelles et un accès toujours limité aux financements extérieurs à des conditions avantageuses.
Elle prévoit par ailleurs un ralentissement de l’assainissement budgétaire en 2026, en raison de l’augmentation des dépenses publiques et du lancement du Plan national de développement 2026-2030. La hausse des prix de l’énergie devrait également accroître le poids des subventions, qui représentaient déjà 20 % des dépenses publiques en 2025, soit 6,8 % du PIB.
Une perspective stable, mais sous conditions
Moody’s maintient ainsi une perspective stable, estimant que les besoins de financement extérieur devraient rester maîtrisés malgré des vulnérabilités persistantes liées aux finances publiques, aux prix élevés de l’énergie et au recours au financement de la Banque centrale.
L’agence estime qu’une amélioration de la note passerait par une accélération des réformes structurelles, une consolidation budgétaire plus rapide et un meilleur accès aux marchés internationaux des capitaux. À l’inverse, une dégradation des réserves de change, de la liquidité intérieure ou des équilibres budgétaires et extérieurs pourrait conduire à un abaissement de la notation.
Moody’s a également confirmé la note « Caa1 » avec perspective stable attribuée à la Banque centrale de Tunisie, qui assure les émissions et le remboursement des titres de dette de l’État.
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