La Tunisie compte parmi les géants mondiaux de l’huile d’olive, mais son origine reste souvent invisible sur les bouteilles vendues à l’étranger. C’est le paradoxe mis en lumière par CNN dans un reportage consacré à la filière tunisienne et à sa difficulté persistante à capter davantage de valeur ajoutée.
Le média américain souligne que l’essentiel de l’huile tunisienne continue d’être exporté en vrac, notamment vers l’Espagne, l’Italie et les États-Unis. Elle peut ensuite être conditionnée, assemblée ou commercialisée sous d’autres marques, faisant disparaître ou reléguant l’origine tunisienne aux yeux du consommateur.
Le constat est confirmé par les données tunisiennes. À fin juillet, 86% des volumes exportés étaient encore constitués d’huile en vrac. Sur 368.000 tonnes exportées, seulement 51.500 tonnes étaient conditionnées.
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Le véritable enjeu : La valeur ajoutée
CNN insiste ainsi sur une faiblesse structurelle déjà relevée par Webdo : produire et exporter beaucoup ne signifie pas nécessairement capter toute la valeur générée par le produit.
Au cours des neuf premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations avaient rapporté 4,605 milliards de dinars, mais 81,4% de ces recettes provenaient encore de l’huile vendue en vrac.
L’économiste tunisien Fadhel Kaboub, interrogé par CNN, estime que l’enjeu réside notamment dans la maîtrise de la chaîne de valeur. Conditionnement, marques, marketing et distribution permettent de conserver une part plus importante de la valeur jusqu’au consommateur final.
CNN met notamment en avant KAÏA, marque fondée par Sarah Ben Romdane, comme exemple d’une stratégie différente : commercialiser directement une huile identifiée comme tunisienne et positionnée sur le haut de gamme.
Le conditionné gagne néanmoins du terrain
Les chiffres les plus récents montrent cependant une évolution. Le PDG de l’Office national de l’huile (ONH), Moez Ben Amor, a indiqué le 10 septembre que les exportations tunisiennes avaient désormais dépassé 380.000 tonnes en dix mois, générant environ 4,8 milliards de dinars.
Surtout, quelque 55.000 tonnes d’huile conditionnée ont déjà été exportées durant la campagne en cours, contre 42.000 tonnes sur l’ensemble de la précédente. L’ONH vise désormais 60.000 tonnes d’ici la fin de la campagne.
Les marques tunisiennes sont également présentes sur 82 marchés étrangers, dont sept nouveaux débouchés.
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La tendance est donc engagée, mais le paradoxe relevé par CNN demeure : la Tunisie possède un poids considérable dans la production et le commerce mondial de l’huile d’olive, alors qu’une grande partie de son produit continue de parvenir au consommateur sans véritable identité tunisienne.