La Tunisie cherche à renforcer ses relations économiques avec les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dans un contexte marqué par la volonté d’attirer davantage d’investissements étrangers. C’est l’une des orientations relevées dans le rapport 2026 du Bertelsmann Transformation Index (BTI), qui estime que la Tunisie a cherché à restaurer son image internationale et à attirer les investissements étrangers en se tournant vers ces deux partenaires.
Cette orientation est corroborée par plusieurs évolutions récentes des relations économiques entre Tunis et les capitales du Golfe. Avec l’Arabie saoudite, la 12e session de la Commission mixte tuniso-saoudienne, organisée à Riyad en décembre 2025, a donné lieu à la signature de cinq accords, mémorandums d’entente et programmes exécutifs. Les discussions ont notamment porté sur le commerce, l’investissement, les énergies renouvelables, l’industrie, les mines, le transport, la logistique, le tourisme et la transformation numérique.
L’Arabie saoudite, un partenaire économique à renforcer
Le rapprochement avec Riyad ne se limite pas aux déclarations politiques. Lors du forum d’affaires tuniso-saoudien organisé en marge de la commission mixte, plus de 300 représentants des secteurs public et privé des deux pays ont participé aux discussions consacrées au renforcement des partenariats d’investissement. Les autorités tunisiennes ont également souligné la présence croissante des investissements saoudiens dans des secteurs tels que le tourisme, l’industrie, l’agriculture, la santé et l’éducation.
Les cinq textes signés fin décembre 2025 concernaient notamment les douanes, les ressources minières, les services postaux et les médias. Le procès-verbal de la commission couvre par ailleurs une centaine de sujets de coopération dans quinze domaines, dont l’énergie, l’industrie, les mines, les transports et la logistique.
Les relations avec les Émirats arabes unis connaissent également une dynamique particulière. La Tunisia Investment Authority a reçu en avril 2025 une délégation de la Dubai Chamber of Commerce pour examiner des opportunités d’investissement dans les énergies renouvelables, les technologies, le tourisme et l’agroalimentaire. Les deux parties avaient alors convenu de renforcer leur coopération et d’explorer de nouveaux projets communs.
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Selon le ministère émirati des Affaires étrangères, les échanges commerciaux non pétroliers entre les Émirats et la Tunisie ont atteint environ 414 millions de dollars en 2025, en hausse de 27,8 % sur un an. Les deux pays ont également officiellement lancé en 2025 des négociations en vue d’un accord de partenariat économique global, destiné notamment à élargir les échanges et les investissements.
Une diversification qui s’inscrit dans une stratégie plus large
Le rapprochement avec le Golfe intervient alors que la Tunisie cherche plus largement à accroître les flux d’investissements internationaux. Selon la Tunisia Investment Authority, les investissements déclarés ont atteint 8,36 milliards de dinars en 2025, en progression de 39,3 % par rapport à 2024. L’investissement national représente toutefois encore 65 % du total, tandis que les investissements à participation étrangère constituent une part plus limitée.
De son côté, la FIPA a évalué les investissements internationaux réalisés en Tunisie à environ 3,57 milliards de dinars en 2025, soit une progression de 30,3 % par rapport à 2024. Ces chiffres montrent une amélioration globale des flux d’investissement, mais ils ne permettent pas à eux seuls d’attribuer cette progression aux seuls partenaires du Golfe.
Le constat du BTI doit donc être compris comme une orientation de diversification des partenariats économiques plutôt que comme un abandon des partenaires européens traditionnels. Le rapprochement avec Riyad et Abou Dhabi constitue un axe supplémentaire dans la recherche de capitaux, de projets et de nouveaux débouchés, alors que la Tunisie tente d’améliorer son attractivité économique et de renforcer sa position dans les chaînes d’investissement régionales.