Une agence publique opérant dans l’Est libyen se dit prête à investir dans le développement de l’aéroport Tunis-Carthage, voire à étudier la construction d’une nouvelle plateforme. Une proposition remarquée alors que la Tunisie prépare elle-même un vaste programme d’extension de son principal aéroport, estimé à quelque 3 milliards de dinars.
Mahmoud Al-Farjani, directeur général de l’Agence nationale de développement en Libye, a exprimé cette disponibilité en marge du Sommet économique libyo-français pour l’investissement et le développement organisé à Syrte.
Selon ses déclarations rapportées par des médias libyens, notamment Al-Wasat et Al-Address, son organisme est disposé à étudier le financement du développement et de la maintenance de Tunis-Carthage. Al-Farjani a également évoqué la possibilité de construire un nouvel aéroport répondant aux normes internationales.
Son agence met en avant l’expérience acquise dans les infrastructures aéroportuaires en Libye, notamment à Syrte et Sebha ainsi que dans le projet du nouvel aéroport de Benghazi.
Pourquoi Tunis-Carthage ?
Al-Farjani justifie notamment cet intérêt par l’importance des déplacements entre les deux pays. Il avance le chiffre de plus de trois millions de Libyens se rendant en Tunisie pour le tourisme, les soins ou utilisant Tunis-Carthage comme point de transit.
Ce chiffre doit toutefois être distingué des statistiques tunisiennes sur les entrées de visiteurs. En 2025, environ 2,1 millions d’entrées libyennes ont été enregistrées. Au premier semestre 2026, elles étaient 988.755, en recul de 10,7% sur un an. Une partie importante des déplacements entre les deux pays s’effectue par voie terrestre, principalement via Ras Jedir et Dhehiba-Wazen.
À ce stade, aucune coopération antérieure entre l’Agence dirigée par Al-Farjani et les autorités tunisiennes n’a été rendue publique. L’organisme libyen mène toutefois une politique active de recherche de partenariats internationaux, avec notamment des démarches en France, au Royaume-Uni, au Qatar et en Turquie.
L’intérêt exprimé pour Tunis-Carthage apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans cette stratégie d’ouverture internationale.
Un projet tunisien à 3 milliards de dinars
La proposition intervient surtout alors que Tunis-Carthage fonctionne déjà au-delà de sa capacité théorique.
L’aéroport accueille plus de 7,2 millions de passagers par an pour une capacité estimée à environ 5 millions et concentre près de 60% du trafic des aéroports tunisiens.
Les autorités tunisiennes préparent un programme d’environ 3 milliards de dinars comprenant notamment une nouvelle aérogare pouvant accueillir 11 millions de voyageurs, ainsi que la rénovation et l’extension des installations existantes. À terme, la capacité globale de Tunis-Carthage doit atteindre 18,5 millions de passagers par an.
Le ministère du Transport privilégie actuellement cette extension plutôt que la construction immédiate d’un nouvel aéroport, sans exclure cette dernière option à plus long terme.
Pour l’heure, aucune autorité tunisienne n’a annoncé de réaction à la proposition d’Al-Farjani ni fait état de discussions avec son agence.
L’offre libyenne reste donc au stade d’une disponibilité publiquement exprimée. Mais son calendrier la place directement face à un besoin tunisien concret : trouver les partenaires et les financements nécessaires à la transformation de Tunis-Carthage.
Belgacem Slimani
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