Les 25 et 26 juin prochains, Tunis accueillera la 22e édition du Tunisia Investment Forum (TIF 2026), principal rendez-vous consacré à la promotion de l’investissement en Tunisie. Organisé par la FIPA en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), le forum semble marquer une évolution dans le positionnement économique du pays. Après une édition 2024 largement tournée vers l’Union européenne, cette nouvelle édition met davantage l’accent sur l’Afrique, la diaspora et les chaînes de valeur régionales.
De l’Europe vers l’Afrique
Le contraste apparaît lorsqu’on compare les dernières éditions. En 2022, le TIF s’inscrivait dans la relance post-Covid avec une forte présence d’institutions financières internationales, dont la Banque mondiale. En 2024, le forum avait pris une coloration nettement euro-méditerranéenne sous le label « EU-Tunisia Business Forum », mettant en avant l’Union européenne, la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ainsi que l’initiative Global Gateway. La BEI y avait notamment annoncé un soutien de 450 millions d’euros à la Tunisie.
Le TIF 2026 prend une autre direction. Le programme officiel l’assume clairement avec une plénière intitulée « Tunisia: A Gateway to Africa ». La présence du secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, et le partenariat avec la BAD illustrent cette volonté de renforcer l’ancrage africain de la Tunisie.
L’objectif est clair : positionner le pays comme une plateforme reliant les marchés européens et africains, à un moment où l’Afrique figure parmi les régions affichant les plus fortes perspectives de croissance à long terme.
Automobile, diaspora et projets concrets
Cette orientation se reflète dans les thématiques retenues. L’industrie automobile et l’électromobilité feront l’objet d’un atelier spécifique réunissant industriels, équipementiers et centres de recherche. La diaspora tunisienne bénéficiera également d’une attention particulière grâce à un programme développé avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’encourager les investissements des Tunisiens résidant à l’étranger.
Le programme comprend aussi des sessions consacrées à l’agroalimentaire, au textile, à l’entrepreneuriat féminin et aux opportunités offertes par les banques multilatérales de développement.
Parmi les annonces attendues figurent le lancement d’une plateforme numérique destinée aux investisseurs et la présentation de plusieurs projets structurants, dont la future Aghlabides Medical City à Kairouan.
Cette orientation ne traduit pas un éloignement de l’Europe, qui demeure de loin le premier partenaire commercial de la Tunisie. Les marchés européens absorbent encore plus de 70% des exportations tunisiennes, tandis que la part de l’Afrique reste nettement plus limitée. Il s’agit donc moins d’un basculement que d’une stratégie de diversification : réduire la dépendance à un seul espace économique et saisir les relais de croissance là où ils se trouvent.
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