La Direction générale des forêts et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont signé une convention portant sur la restauration des forêts dégradées de pin d’Alep à Kasserine. Financé par un don de 2,48 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial, le projet intervient dans une région où les incendies, la sécheresse et les parasites ont fortement fragilisé les écosystèmes forestiers.
La convention a été signée vendredi 7 août 2026 entre le directeur général des Forêts et le représentant de la FAO en Tunisie, sous la supervision du ministre de l’Agriculture et en présence du directeur de la coopération internationale et de cadres des deux parties. Elle est entrée en vigueur le jour même.
Plus de 25 000 hectares brûlés en sept ans
Le projet répond à une dégradation ancienne et particulièrement importante. Selon des données publiées par la FAO en décembre 2022, les incendies ont détruit 25 226 hectares de forêts à Kasserine entre 2015 et 2021. Pour la seule année 2021, 13 417 hectares avaient été touchés.
À ces pertes s’ajoutent les conséquences de la sécheresse et du manque d’eau, qui affaiblissent les arbres et favorisent la propagation du scolyte. En mars 2022, environ 25 000 hectares de pin d’Alep étaient affectés par cet insecte, avec des taux de dépérissement allant de 20 % à 80 % selon l’exposition des zones forestières.
Ces espaces constituent également une source de revenus pour quelque 70 000 personnes vivant notamment de l’élevage, de la collecte des graines et des cônes de pin ainsi que des plantes médicinales.
Un programme préparé depuis 2022
La signature du 7 août ne marque pas la naissance du projet, mais son entrée dans la phase opérationnelle. Sa préparation avait commencé en 2022 avec l’appui du Mécanisme de restauration des forêts et des paysages de la FAO. L’organisation avait ensuite présenté le programme en septembre 2024, en annonçant son financement par le Fonds pour l’environnement mondial.
Une première intervention d’urgence contre le scolyte avait par ailleurs été lancée en février 2023 à Kasserine. Achevée en 2024, elle avait permis de traiter 2 000 hectares de forêts.
Le nouveau projet comprend quatre volets : l’amélioration de la gestion forestière, les interventions de restauration sur le terrain, le soutien aux populations forestières et le partage des connaissances. Un mécanisme de suivi et d’évaluation doit également mesurer ses résultats environnementaux et économiques.
La Direction générale des forêts n’a toutefois indiqué ni la superficie exacte qui sera restaurée grâce aux 2,48 millions de dollars ni la durée du programme.
Lire aussi: