Le ministère de la Famille affirme travailler à l’achèvement d’une étude de terrain qui doit servir à élaborer un plan multisectoriel contre la mendicité infantile. Mais sa réponse à une question parlementaire, rendue publique le 7 août, ne fournit aucune donnée sur le nombre d’enfants concernés.
La réponse officielle a été adressée par la ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jabri, au président de l’Assemblée des représentants du peuple. Le document ministériel, signé le 29 juillet 2026 et enregistré par l’ARP le lendemain, répond à une question écrite du député Yosri Bouab.
La question avait été signée le 24 juin et enregistrée le 30 juin. Elle portait sur la progression de la mendicité ainsi que sur l’exploitation d’enfants et de personnes en situation de vulnérabilité.
Selon la TAP, la réponse a été publiée vendredi 7 août sur le site officiel du Parlement, soit neuf jours après sa signature.
Une étude avant l’élaboration d’un plan
Le ministère indique avoir engagé une étude de terrain sur la mendicité des enfants. Ses conclusions doivent servir à élaborer un plan d’action multisectoriel destiné à limiter le phénomène et à favoriser la réintégration des enfants dans leurs familles et dans la société.
Aucune date n’est toutefois avancée pour l’achèvement de l’étude, sa publication ou l’entrée en application du futur plan. Le document ne précise pas davantage les ministères qui y participeront, les moyens qui lui seront consacrés ou les objectifs qui devront être atteints.
Le député demandait notamment des statistiques sur le nombre de nourrissons et d’enfants exploités dans la mendicité au cours des dernières années. Il souhaitait également connaître les programmes de protection existants, les mécanismes de coordination entre les ministères concernés et l’état d’avancement d’une éventuelle stratégie nationale.
La réponse ministérielle ne fournit aucun chiffre et ne permet donc pas de mesurer l’ampleur actuelle du phénomène.
Retour dans la famille ou placement
Concernant la prise en charge, le ministère rappelle que les délégués à la protection de l’enfance interviennent après chaque signalement d’une situation de rue ou d’exploitation économique.
Les mesures peuvent comprendre le retour de l’enfant dans sa famille ou, lorsque sa protection l’exige, son placement dans un établissement de prise en charge. Aucun bilan de ces interventions n’accompagne cependant la réponse.
Le ministère aborde également la situation des personnes âgées en état de mendicité ou d’errance. Il évoque la médiation familiale, l’aide ponctuelle, les soins, le suivi médical et psychologique, l’hébergement en institution ou le placement familial. Il rappelle aussi l’existence du numéro vert 1833 destiné à l’écoute, à l’orientation et au signalement.
Cette réponse est antérieure à l’alerte lancée le 5 août par l’Organisation internationale pour la protection des enfants de la Méditerranée concernant des mineurs dormant ou errant dans des espaces publics. Elle ne peut donc pas être présentée comme une réaction à cette intervention, mais elle confirme que le phénomène fait déjà l’objet d’un travail ministériel dont les données et le calendrier restent inconnus.
Lire aussi: