La Tunisie veut faire du nucléaire civil un levier stratégique face aux défis énergétiques et hydriques. Réunie à Tunis à l’occasion de la 38ᵉ session de la Conférence générale de l’Agence arabe de l’énergie atomique (AAEA), elle a affiché sa volonté de renforcer la coopération arabe dans plusieurs domaines sensibles, notamment la production d’électricité, le dessalement de l’eau de mer et la recherche sur la fusion nucléaire. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par la recherche de solutions alternatives durables aux crises de l’eau et de l’énergie.
Tunis mise sur une coopération nucléaire renforcée
Intervenant lors de l’ouverture des travaux de la conférence, Mondher Belaïd, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et président de la Commission nationale de l’énergie atomique, a plaidé pour une nouvelle vision stratégique de l’AAEA.
Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer le rôle de l’agence arabe, d’améliorer ses performances et de développer davantage les partenariats internationaux dans le domaine nucléaire pacifique.
La Tunisie entend ainsi consolider sa place dans les programmes régionaux liés aux technologies nucléaires civiles, particulièrement dans des secteurs jugés prioritaires comme l’électricité et le dessalement de l’eau de mer, alors que le pays fait face à une pression croissante sur ses ressources hydriques.
Fusion nucléaire et gouvernance : les nouvelles priorités
Au-delà des applications classiques du nucléaire civil, Tunis a également mis en avant les perspectives offertes par la fusion nucléaire, technologie considérée comme l’un des grands enjeux énergétiques du futur.
Les autorités tunisiennes ont, par ailleurs, insisté sur l’importance d’une coordination nationale plus étroite entre les différentes structures scientifiques et techniques spécialisées, notamment le Centre national des sciences et technologies nucléaires (CNSTN) et le Centre national de radioprotection.
L’objectif affiché est de mieux valoriser l’expertise tunisienne et de renforcer la contribution du pays aux initiatives scientifiques arabes dans ce domaine stratégique.
Transparence et efficacité au cœur du dispositif
La Tunisie a également appelé à la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation basés sur des indicateurs de performance précis afin de garantir une gouvernance plus efficace et plus transparente des programmes nucléaires civils.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du directeur général de l’AAEA, Salem Hamdi, du directeur général du CNSTN, Haythem Sghaier, ainsi que de plusieurs délégations arabes et représentants diplomatiques.
Dans un contexte régional marqué par les défis énergétiques, climatiques et hydriques, Tunis cherche ainsi à inscrire le nucléaire civil comme un outil stratégique de développement et de coopération scientifique.