La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près du tribunal de première instance de Tunis a condamné, lundi, l’homme d’affaires et producteur audiovisuel Sami Fehri à cinq ans de prison ferme ainsi qu’à une amende, dans une affaire liée à des irrégularités dans des contrats publicitaires impliquant sa société de production Cactus Prod.
Cette décision s’inscrit dans un dossier judiciaire ancien et complexe portant sur la gestion des contrats publicitaires entre la société de production et des établissements publics, notamment la télévision nationale, sur fond d’accusations de corruption financière et de détournement de fonds publics.
Une affaire ancienne liée à Cactus Prod
L’affaire remonte à la période précédant la révolution de 2011. Sami Fehri, fondateur de Cactus Prod, est accusé d’avoir bénéficié de contrats publicitaires controversés avec l’Établissement de la télévision tunisienne, dans un système où des soupçons de trafic d’influence et de favoritisme ont été relevés.
Selon plusieurs enquêtes et décisions judiciaires antérieures, Cactus Prod aurait généré d’importants revenus dans un contexte marqué par des relations privilégiées avec l’appareil médiatique public de l’époque.
Au moment de cette nouvelle condamnation, Sami Fehri, en état de liberté, se trouve dans une situation judiciaire de récidive procédurale dans le même dossier dit “Cactus Prod”. La nouvelle peine de cinq ans vient s’ajouter à un parcours judiciaire déjà marqué par des condamnations, réductions de peine et appels successifs.
Son historique judiciaire étant particulièrement chargé
Sami Fehri n’en est pas à sa première condamnation dans cette affaire, son historique judiciaire étant particulièrement chargé. En 2021, il a été condamné à huit ans de prison ferme ainsi qu’à une amende d’environ 40 millions de dinars dans le même dossier lié à Cactus Prod, avant que des évolutions judiciaires ultérieures n’interviennent sur la procédure.
Lire aussi : Sami Fehri condamné à 2 ans de prison avec sursis et plus de 16 MD d’amende
En 2022, la cour d’appel a réduit cette peine à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 16,6 millions de dinars. Bien avant cela, en 2012, il avait déjà fait l’objet de poursuites et d’une incarcération dans une autre affaire liée à l’utilisation des ressources de la télévision publique. Son dossier judiciaire reste récurrent devant les juridictions tunisiennes depuis plus d’une décennie, avec plusieurs épisodes de détention préventive et des mesures d’interdiction de voyager.
