La Tunisie veut tourner la page du tourisme de masse centré uniquement sur les chiffres de fréquentation. Réunis ce mardi 2 juin 2026 à Tunis, responsables institutionnels, experts et acteurs du secteur ont affiché une nouvelle ambition : faire de la durabilité un pilier stratégique du tourisme tunisien, avec l’humain placé au cœur des politiques publiques.
Organisée sous le thème « Sustainable Tunisia | Human First – Tunisie durable | L’humain d’abord », une workshop nationale consacrée au tourisme durable s’est tenue sous la supervision du ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, en présence du directeur exécutif du Global Sustainable Tourism Council (GSTC).
Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la volonté de la Tunisie d’aligner son secteur touristique sur les standards internationaux en matière de durabilité, à un moment où les voyageurs accordent de plus en plus d’importance à l’impact environnemental, social et culturel de leurs séjours.
Vers une nouvelle vision du tourisme tunisien
Dans son intervention, le ministre du Tourisme a insisté sur le fait que l’avenir du secteur ne peut plus être évalué uniquement à travers le nombre de visiteurs. Selon lui, la compétitivité d’une destination dépend désormais de la qualité de l’expérience proposée, de la préservation des ressources naturelles et culturelles ainsi que de la capacité à intégrer les communautés locales dans la dynamique touristique.
Le responsable a estimé que la Tunisie dispose de nombreux atouts pour réussir cette transition : patrimoine culturel diversifié, richesse naturelle, potentiel saharien, tourisme balnéaire, mais aussi capital humain et jeunesse créative.
Le ministère entend ainsi promouvoir un modèle touristique plus inclusif et davantage orienté vers la valeur ajoutée que vers le volume.
Un accord stratégique avec le GSTC
La workshop a également été marquée par la signature d’un accord de coopération entre l’Office national tunisien du tourisme (ONTT) et le GSTC, considéré comme une référence mondiale en matière de normes de tourisme durable.
Cet accord vise notamment à renforcer l’intégration des standards internationaux dans les établissements touristiques tunisiens et à développer les mécanismes de certification et de labellisation.
Les autorités tunisiennes souhaitent ainsi améliorer l’image de la destination Tunisie sur les marchés internationaux, alors que plusieurs pays concurrents misent déjà sur le tourisme responsable pour attirer une clientèle à fort pouvoir d’achat.
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Diversifier l’offre au-delà du balnéaire
La réflexion engagée dépasse le seul cadre environnemental. Les participants ont mis en avant la nécessité de diversifier l’offre touristique tunisienne, longtemps dominée par le modèle balnéaire traditionnel.
Parmi les pistes évoquées figurent le développement du tourisme culturel, rural, écologique, saharien et agricole, ainsi que la valorisation des expériences locales authentiques.
Cette orientation s’inscrit dans une évolution mondiale des attentes des voyageurs, de plus en plus attirés par des séjours personnalisés, immersifs et respectueux des territoires visités.
Le chantier concerne également la réforme du cadre réglementaire, la modernisation du système de classification des établissements touristiques et l’encouragement des investissements à forte valeur environnementale et sociale.
L’humain au cœur de la stratégie
Au-delà des infrastructures, les intervenants ont insisté sur l’importance de la gouvernance, de la formation des ressources humaines et de l’amélioration de la qualité des services.
Le slogan « L’humain d’abord » reflète cette volonté de replacer les citoyens, les travailleurs du secteur et les populations locales au centre du développement touristique.
Les organisateurs considèrent que la durabilité ne relève plus uniquement d’un enjeu écologique, mais constitue aussi un projet économique et sociétal destiné à garantir un développement équilibré des régions touristiques.
Cap sur 2027
Cette dynamique intervient alors que la Tunisie se prépare à devenir capitale du tourisme arabe en 2027, un rendez-vous que les autorités veulent transformer en vitrine régionale du nouveau positionnement touristique du pays.